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	<title>La Br&#232;che num&#233;rique</title>
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	<description>Archivage, num&#233;risation de toutes les traces visuelles, sonores, &#233;crites (avec reconnaissance optique de caract&#232;res) majoritairement francophones au format texte + XML + PDF + DjVu de la Quatri&#232;me Internationale - Secr&#233;tariat unifi&#233;, du Nouveau Parti anticapitaliste, de la Soci&#233;t&#233; Louise Michel. Espace de formation marxiste-r&#233;volutionnaire. La Br&#232;che num&#233;rique archives.</description>
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		<title>Des assises europ&#233;ennes le 18 avril</title>
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		<dc:creator>AGUITON Christophe</dc:creator>


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		<dc:subject>AC !</dc:subject>

		<description>L'animateur d'AC ! donne son sentiment sur le mouvement allemand. &lt;br /&gt; Apr&#232;s les ch&#244;meurs fran&#231;ais, les ch&#244;meurs allemands se mettent en mouvement. Cela vous surprend-il ? &lt;br /&gt;Absolument pas ! Nous &#233;tions en contact depuis longtemps. Ces mouvements ne viennent pas du n&#233;ant, car, tant &#224; l'ouest qu'&#224; l'est de l'Allemagne, des organisations existent et agissent. Au &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article793.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique54.html" rel="directory"&gt;L'Humanit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot90.html" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot401.html" rel="tag"&gt;AC !&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'animateur d'AC ! donne son sentiment sur le mouvement allemand.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Apr&#232;s les ch&#244;meurs fran&#231;ais, les ch&#244;meurs allemands se mettent en mouvement. Cela vous surprend-il ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Absolument pas ! Nous &#233;tions en contact depuis longtemps. Ces mouvements ne viennent pas du n&#233;ant, car, tant &#224; l'ouest qu'&#224; l'est de l'Allemagne, des organisations existent et agissent. Au niveau europ&#233;en, &#233;galement, avec l'ENU (European Network of Unemployed), cr&#233;&#233; voil&#224; une dizaine d'ann&#233;es. Surtout, il y a plus de six mois, se sont d&#233;roul&#233;es des mobilisations europ&#233;ennes de ch&#244;meurs dans lesquelles nous avons appris &#224; nous conna&#238;tre. Celles-ci ont ensuite abouti &#224; des Marches europ&#233;ennes contre le ch&#244;mage, parties de six villes du Vieux Continent et de Tanger, et qui ont converg&#233; d&#233;but juin &#224; Amsterdam.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;L'ann&#233;e 1997 n'a-t-elle pas agi comme un d&#233;clic au niveau europ&#233;en ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;L'histoire retiendra peut &#234;tre que cette ann&#233;e-l&#224; aura &#233;t&#233; l'ann&#233;e de l'&#233;mergence des mouvements sociaux europ&#233;ens : mars avec l'euromanif &#224; Bruxelles contre la fermeture de Vilvorde, juin avec la Marche europ&#233;enne contre le ch&#244;mage &#224; Amsterdam et enfin novembre, lors du sommet des Quinze sur l'emploi &#224; Luxembourg, o&#249; ont converg&#233; syndicats &#171; officiels &#187; et un cort&#232;ge de pr&#233;caires et de ch&#244;meurs. Les manifestations d'hier en Allemagne sont dans la continuit&#233; de toutes ces actions. On peut m&#234;me parler du d&#233;but d'un mouvement social europ&#233;en.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Au-del&#224; de l'Allemagne, y a-t-il d'autres pays qui pourraient conna&#238;tre rapidement des mouvements de ch&#244;meurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Le pays o&#249; il me semble que cela bouge le plus, c'est la Belgique. Lors de notre derni&#232;re manifestation &#224; Paris, on comptait dans le cort&#232;ge une centaine de Belges. D'ores et d&#233;j&#224;, ils ont annonc&#233; leur participation le 7 mars, lors de notre prochaine action nationale. Des Allemands seront &#233;galement pr&#233;sents. Dans certains pays, des associations nationales sont en train d'&#233;merger. Exemple en Italie la semaine prochaine &#224; Milan. Cela fr&#233;mit de partout.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Vous avez d'ores et d&#233;j&#224; des projets europ&#233;ens ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Plusieurs sont sur les rails, mais nous avons dans l'id&#233;e quelque chose de fort en juin 1999. Mais, vu ce qui se passe actuellement, nous allons peut &#234;tre raccourcir les d&#233;lais. Sur le court terme, des assises europ&#233;ennes des associations de ch&#244;meurs se d&#233;rouleront &#224; Bruxelles le 18 avril.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Laurent Flandre. &lt;br /&gt;
Entretien paru dans &lt;i&gt;l'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, &#233;dition du 6 f&#233;vrier 1998.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>&#171; Le ch&#244;mage d&#233;structure toute la soci&#233;t&#233; &#187;</title>
		<link>http://www.preavis.net/breche-numerique/article950.html</link>
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		<dc:date>2009-04-09T17:55:17Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AGUITON Christophe</dc:creator>


		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>
		<dc:subject>Copyright</dc:subject>

		<description>Syndicaliste, l'un des animateurs de AC ! (Agir contre le ch&#244;mage), Christophe Aguiton est coauteur, avec Daniel Bensa&#239;d, de l'ouvrage Social en mouvement. Il estime qu'en r&#233;pondant aux revendications des demandeurs d'emploi, le gouvernement redonnera confiance &#224; tout le monde. Entretien. &lt;br /&gt; Les ch&#244;meurs ne sont qu'une minorit&#233; &#224; occuper les ASSEDIC. &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article950.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique54.html" rel="directory"&gt;L'Humanit&#233;&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot1023.html" rel="tag"&gt;Copyright&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Syndicaliste, l'un des animateurs de AC ! (Agir contre le ch&#244;mage), Christophe Aguiton est coauteur, avec Daniel Bensa&#239;d, de l'ouvrage &lt;i&gt;Social en mouvement&lt;/i&gt;. Il estime qu'en r&#233;pondant aux revendications des demandeurs d'emploi, le gouvernement redonnera confiance &#224; tout le monde. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Les ch&#244;meurs ne sont qu'une minorit&#233; &#224; occuper les ASSEDIC. Peut-on, dans ce cas-l&#224;, parler de mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;On constate une dynamique dans l'action des ch&#244;meurs depuis maintenant une dizaine d'ann&#233;es. Au d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt, des tentatives de mobilisation ont eu lieu, sans vraiment d&#233;boucher. Petit &#224; petit se sont constitu&#233;es des associations, dont l'APEIS et AC ! Parall&#232;lement, on a assist&#233; &#224; la cr&#233;ation de mouvements de lutte contre l'exclusion, des mouvements qui se compl&#232;tent et se combinent. &#192; chaque &#233;tape, il y a eu un saut qualitatif : une organisation plus importante, plus structur&#233;e. Mais quelle que soit la taille du mouvement actuel, il est important de noter que celui-ci est pluraliste : syndical et associatif, et qu'il exige que la voix des ch&#244;meurs soit entendue. Au-del&#224; de la prime de fin d'ann&#233;e, la cl&#233; de l'affaire est la remise en cause de tout le syst&#232;me des allocations ch&#244;mage et des minima sociaux. Un ciseau est en train de s'&#233;carter entre, d'un c&#244;t&#233;, les demandeurs d'emploi de longue dur&#233;e, de plus en plus nombreux, et, de l'autre, les allocations qui diminuent. Les gens se retrouvent tr&#232;s vite la t&#234;te dans l'eau.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Quelle r&#233;flexion sur le plan politique tirez-vous de ce mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Ce mouvement, c'est la chance de la gauche. En r&#233;pondant aux demandes des plus pauvres, on redonne confiance &#224; tout le monde. Ce mouvement r&#233;v&#232;le un probl&#232;me majeur que l'on pourrait prendre de deux mani&#232;res. D'abord, il s'agit d'une question morale : il n'est pas supportable de voir toute cette mis&#232;re. Ensuite, le ch&#244;mage atteint une telle proportion que personne ne se sent plus prot&#233;g&#233;. Et ses cons&#233;quences touchent les conditions de vie des salari&#233;s. Aujourd'hui, l'intensit&#233; du travail s'accentue partout. Les conditions de travail se d&#233;gradent. On touche l&#224; au coeur des probl&#232;mes de la soci&#233;t&#233;. C'est pour cette raison que, au-del&#224; de sa force r&#233;elle, le mouvement des ch&#244;meurs rencontre une telle r&#233;percussion. Il appartient au gouvernement de saisir la balle au bond.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Justement, que vous inspire l'attitude de Martine Aubry, la ministre de l'Emploi et de la Solidarit&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&#192; mon avis, elle apporte des r&#233;ponses technocrates classiques du style : &#171; &lt;i&gt;Laissez-nous faire, nous savons g&#233;rer. C'est notre m&#233;tier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Vous dites qu'il existe une r&#233;elle sympathie de la part des citoyens. Mais comment comptez-vous &#233;largir le mouvement ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Le plus difficile, effectivement, est de passer &#224; une sympathie active. La mobilisation r&#233;elle n'est pas encore acquise. Il est donc important que le plus de jeunes, de salari&#233;s et de retrait&#233;s, de citoyens se rendent dans les manifestations organis&#233;es aujourd'hui dans toute la France.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Comment expliquez-vous le silence des intellectuels, notamment de ceux qui se sont beaucoup investis aupr&#232;s des sans-papiers ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;Le mouvement a d&#233;marr&#233; en pleines f&#234;tes de fin d'ann&#233;e. Nous r&#233;fl&#233;chissons &#224; pr&#233;sent aux meilleurs moyens de rendre explicite la solidarit&#233; et le soutien de diverses couches sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Mina Kaci.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Le mouvement des ch&#244;meurs en France</title>
		<link>http://www.preavis.net/breche-numerique/article572.html</link>
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		<dc:date>2009-01-11T19:27:23Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AGUITON Christophe</dc:creator>


		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>

		<description>Une nouvelle fois la France fait parler d'elle gr&#226;ce &#224; un mouvement social ! L'&#233;tonnement a &#233;t&#233; d'autant plus grand qu'il s'agit d'un mouvement dont les acteurs sont les ch&#244;meurs, une cat&#233;gorie sociale souvent pr&#233;sent&#233;e comme passive, repli&#233;e sur elle-m&#234;me et donc incapable de mouvements collectifs d'ampleur. &lt;br /&gt;Avant d'entrer dans l'analyse plus pr&#233;cise de &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article572.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique218.html" rel="directory"&gt;Viento sur&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot90.html" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;Les racines du mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)); --&gt;&lt;/script&gt; &lt;p&gt;Une nouvelle fois la France fait parler d'elle gr&#226;ce &#224; un mouvement social ! L'&#233;tonnement a &#233;t&#233; d'autant plus grand qu'il s'agit d'un mouvement dont les acteurs sont les ch&#244;meurs, une cat&#233;gorie sociale souvent pr&#233;sent&#233;e comme passive, repli&#233;e sur elle-m&#234;me et donc incapable de mouvements collectifs d'ampleur.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Avant d'entrer dans l'analyse plus pr&#233;cise de ce mouvement, deux rappels seront utiles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le premier renvoit &#224; la forme que prennent les mouvements sociaux en France. &lt;br /&gt;
Plus que dans la plupart des pays, les mouvements sociaux &#8220;montent&#8221; au plus haut niveau, d&#232;s qu'ils prennent une certaine importance, demandent une intervention du pouvoir et deviennent un probl&#232;me politique en tant que tel. Le mouvement des ch&#244;meurs n'a pas d&#233;rog&#233; &#224; cette tradition en occupant le devant de la sc&#232;ne m&#233;diatique pendant plus d'un mois et en obligeant le gouvernement, Premier ministre en t&#234;te, &#224; intervenir plusieurs fois. &lt;br /&gt;
Si les raisons de cette particularit&#233; fran&#231;aise sont multiples, il est utile de rappeler le poids de l'&#233;tat central en France et la faiblesse des autres niveaux ou structures de n&#233;gociations. Un exemple : le mouvement des ch&#244;meurs a d&#233;marr&#233; par des occupations d'ASSEDIC, centres qui g&#232;rent les allocations ch&#244;mage. Ces centres sont g&#233;r&#233;s par les partenaires sociaux, patronaux et syndicaux : la pr&#233;sidente de l'UNEDIC (l'union nationale qui f&#233;d&#232;re les ASSEDIC) est Nicole Notat, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la CFDT. Pendant tout le premier mois d'occupation, la pr&#233;sidence de l'UNEDIC ne s'est pas manifest&#233;e et la focalisation s'est faite sur le gouvernement, la presse devenant, pendant les f&#234;tes, chaque jour plus insistante sur le th&#232;me &#8220;mais que font les ministres ?&#8221;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le deuxi&#232;me renvoit &#224; la situation du mouvement social en France. &lt;br /&gt;
L'emploi du terme g&#233;n&#233;rique &#8220;mouvement social&#8221; est en lui m&#234;me significatif. Depuis plusieurs ann&#233;es - depuis le d&#233;but des ann&#233;es 90 - les luttes se multiplient, elles rencontrent un &#233;cho tr&#232;s favorable dans l'opinion et elles s'accompagnent d'une floraison de nouvelles structures syndicales (la FSU chez les enseignants, les SUD, la structuration d'un courant gauche, &#8220;Tous ensemble&#8221;, dans la CFDT) et associatives (AC ! et les autres mouvements de ch&#244;meurs, le DAL et Droits Devants ! contre les exclusions, Ras le Front contre le Front National, le collectif national des sans papiers, le Collectif pour les droits des femmes, etc.).
Cette multiplications de luttes se situent dans un contexte o&#249; le recul du mouvement ouvrier laisse des traces profondes. Sur le plan id&#233;ologique comme sur le plan organisationnel, le syndicalisme n'a jamais &#233;t&#233; aussi faible num&#233;riquement et aussi peu pr&#233;sent dans des couches enti&#232;res du salariat, les petites entreprises, les salari&#233;s sous statut pr&#233;caires, les cadres, etc. Le nombre des jours de gr&#232;ve reste, lui aussi, toujours bas : seule l'ann&#233;e 95 a marqu&#233; un pic avec pr&#232;s de 2 millions de jours de gr&#232;ve gr&#226;ce &#224; la gr&#232;ve des services publics de novembre et d&#233;cembre.
Dans cette situation globale de recul, de red&#233;finition et de reconstruction du mouvement ouvrier et du mouvement social, la situation fran&#231;aise des ann&#233;es 90 n'a rien &#224; voir avec celle des ann&#233;es 80. Il serait int&#233;ressant, mais cela d&#233;passerait le cadre de cet article, de travailler sur les comparaisons entre les situations au niveau international, au moins dans les pays d&#233;velopp&#233;s : un red&#233;marrage des luttes et des &#233;volutions importantes dans le monde syndical en France, en Belgique, aux USA, etc. une situation probablement plus bloqu&#233;e en Italie, en Espagne&#8230;&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;&lt;/a&gt; Les racines du mouvement des ch&#244;meurs &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;A la base du mouvement des ch&#244;meurs, un simple constat : le nombre des ch&#244;meurs ne cesse d'augmenter, et surtout celui des ch&#244;meurs de longue dur&#233;e, et dans le m&#234;me temps les allocations stagnent ou sont revues &#224; la baisse&#8230;
En terme de chiffres, 3,2 millions de ch&#244;meurs sont recens&#233;s officiellement, soit 12% de la population active. Sur ces 3,2 millions de personnes, 1,5 millions sont allocataires des minima sociaux vers&#233;s par l'Etat, &#224; savoir l'ASS (allocation sp&#233;cifique de solidarit&#233;) et le RMI (revenu minimum d'insertion). Les autres ch&#244;meurs (la moiti&#233; seulement) rel&#232;vent de l'UNEDIC, le syst&#232;me d'assurance ch&#244;mage. A ces chiffres officiels, il faut rajouter les jeunes de moins de 25 ans qui n'ont droit &#224; rien et le nombre toujours croissant des salari&#233;s qui n'ont qu'un temps partiel, un &#8220;petit boulot&#8221; et qui cherche un emploi stable : il y a en France 2,7 millions de salari&#233;s qui gagnent moins que le salaire minimum, parce qu'ils n'atteignent pas les 39h par semaine. On atteint ainsi le chiffre officiel de 7 millions d'actifs qui sont soit au ch&#244;mage soit en situation de pr&#233;carit&#233; !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une remarque : la France, avec probablement la Grande Bretagne, occupe une position particuli&#232;re en Europe. &lt;br /&gt; Derri&#232;re les chiffres du ch&#244;mage qui montent partout on trouve des r&#233;alit&#233;s encore tr&#232;s diff&#233;rentes. Dans le sud de l'Europe, malgr&#233; l'absence ou la faiblesse des minima sociaux, les r&#233;seaux de l'&#233;conomie informelle et surtout l'existence d'un tissu social et de solidarit&#233;s familiales encore forts permettent d'amortir les effets du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;. Dans le nord de l'Europe et en Allemagne, l'Etat providence continue de jouer son r&#244;le par une indemnisation du ch&#244;mage et des minima sociaux qui sont encore &#224; un certain niveau. En France, les minima sont bas : 2400F par mois pour une personne seule (le salaire minimum est &#224; un peu plus de 5000F/mois net) et le tissu social n'est plus assez solide pour compenser cette mont&#233;e de la pauvret&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De fa&#231;on plus conjoncturelle, l'arriv&#233;e du gouvernement de gauche a jou&#233; un r&#244;le dans le d&#233;clenchement du conflit. La victoire surprise de Jospin et la constitution d'un gouvernement de la &#8220;majorit&#233; plurielle&#8221; (PS, PC, Verts, Mouvement de citoyens et radicaux de gauche) ont suscit&#233; un espoir dans le pays, et surtout dans les couches populaires, m&#234;me si cet espoir est infiniment moindre que celui qui avait suivi la victoire de Fran&#231;ois Mitterrand en mai 1981. Mais les premi&#232;res mesures annonc&#233;es par Jospin ont &#233;t&#233; une douche froide pour les ch&#244;meurs : il a annonc&#233;, dans son discours d'investiture, en juillet 97, une augmentation de 4% du SMIC, le salaire minimum, mais rien, pas un mot pour les minima sociaux&#8230; &lt;br /&gt;
Cet &#8220;oubli&#8221; renvoyait en partie &#224; des consid&#233;rations budg&#233;taires (le SMIC, c'est les entreprises, les minima ,le budget de l'Etat !), mais surtout &#224; une vision sociale-d&#233;mocrate classique envisageant la reprise gr&#226;ce &#224; des mesures n&#233;o-keyn&#233;siennes de relance par la hausse des salaires et probablement &#224; des traces de &#8220;blairisme&#8221; id&#233;ologique, un bon ch&#244;meur est un ch&#244;meur qui cherche un emploi et rien de tel qu'une baisse du revenu pour contraindre un ch&#244;meur &#224; accepter n'importe quelle proposition.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derni&#232;re raison &#224; ce mouvement, o&#249; en tout cas &#224; son lancement au mois de d&#233;cembre : l'unit&#233; d'action enfin r&#233;alis&#233;e entre les comit&#233;s de ch&#244;meurs de la CGT et les diff&#233;rentes associations de lutte contre le ch&#244;mage. Cette unit&#233; n'avait pas encore &#233;t&#233; possible &#224; cause du sectarisme de la direction des comit&#233;s de ch&#244;meurs CGT, une &#233;volution interne de ces comit&#233;s, soutenue par la direction conf&#233;d&#233;rale, a permis l'arriv&#233;e d'une nouvelle direction qui a accept&#233; de travailler avec le mouvement associatif.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;&lt;/a&gt; Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Si le mouvement des ch&#244;meurs de cet hiver est &#224; l'&#233;vidence un tournant qui repr&#233;sentera un saut important dans l'organisation des ch&#244;meurs en France, ce mouvement a &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; par des ann&#233;es d'actions et de lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Historiquement, la premi&#232;re structure &#224; prendre en charge les ch&#244;meurs a &#233;t&#233; la CGT. La CGT est le premier syndicat en France, avec une ligne beaucoup plus radicale que les autres conf&#233;d&#233;rations europ&#233;ennes. C'est le seul syndicat qui continue &#224; structurer les ch&#244;meurs et qui y consacre un gros effort depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80. Cet effort n'a &#233;t&#233; que partiellement couronn&#233; de succ&#232;s. &lt;br /&gt;
Dans certaines villes, les comit&#233;s CGT, constitu&#233;s souvent sur la base de noyaux de salari&#233;s syndiqu&#233;s venant de grandes entreprises ayant connu des licenciements, repr&#233;sentent une r&#233;alit&#233; importante. C'est le cas &#224; Marseille, o&#249; le comit&#233; CGT s'est d&#233;velopp&#233; &#224; la suite de la fermeture du chantier naval de la Ciotat. &lt;br /&gt;
Mais ailleurs, les comit&#233;s CGT ont du mal &#224; se stabiliser, principalement parce que le monde du ch&#244;mage, surtout apr&#232;s pr&#232;s de 20 ans de d&#233;veloppement d'un ch&#244;mage de masse, a du mal &#224; s'identifier au monde syndical. C'est particuli&#232;rement vrai en France o&#249; le syndicalisme est faible et divis&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est devant le constat de ces difficult&#233;s que d'autres tentatives de structurations des ch&#244;meurs ont eu lieu.
Ce fut d'abord le d&#233;veloppement d'associations de ch&#244;meurs &#224; la fin des ann&#233;es 80 : le MNCP, mouvement national des ch&#244;meurs et pr&#233;caires qui f&#233;d&#232;re des associations locales, souvent anim&#233;es par des militants chr&#233;tiens ou des &#233;cologistes, l'APEIS, association pour l'entraide, l'information et la solidarit&#233;, association cr&#233;&#233;e &#224; l'initiatives de municipalit&#233;s communistes qui voulaient, en r&#233;gion parisienne, aider &#224; la structuration des ch&#244;meurs, en particulier pour s'opposer &#224; la mont&#233;e &#233;lectorale de l'extr&#234;me droite dans ces banlieues souvent d&#233;favoris&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce fut surtout le lancement d'AC !, Agir ensemble contre le ch&#244;mage, au d&#233;but 1994. Ce mouvement de lutte contre le ch&#244;mage a &#233;t&#233; lanc&#233; &#224; l'initiative de syndicalistes (de la gauche de la CFDT, du groupe des 10 - SUD et d'autres syndicats ind&#233;pendants -, de la FSU - le premier syndicat enseignant -) avec pour id&#233;e de lancer un mouvement f&#233;d&#233;ratif associant syndicalistes, associations de ch&#244;meurs (le MNCP est partie prenante d'AC ! depuis le d&#233;but), associations de lutte contre les exclusions (en particulier DAL, Droit au logement, ou le comit&#233; des sans logis), et autres composantes, comme la conf&#233;d&#233;ration paysanne, la Ligue des droits de l'homme et de nombreux intellectuels.
Le lancement d'AC ! s'est fait &#224; l'occasion des premi&#232;res &#8220;marches contre le ch&#244;mage&#8221; qui ont travers&#233; la France au printemps 94 et qui ont permis de regrouper pr&#232;s de 30 000 personnes &#224; Paris, dont une majorit&#233; de ch&#244;meurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A partir de 94, les mouvements se sont succ&#233;d&#233;s, aussi bien sur le terrain du ch&#244;mage, avec des campagnes unitaires des associations (AC !, MNCP et APEIS) sur l'indemnisation du ch&#244;mage en 1996, que sur l'ensemble des questions li&#233;es aux exclusions. Le printemps 1995 fut ainsi l'occasion de grandes manifestations sur la question du logement et plus g&#233;n&#233;ralement contre les exclusions &#224; l'occasion de l'occupation d'un grand ensemble immobiliser au coeur de Paris, la &#8220;rue du Dragon&#8221;. &lt;br /&gt;
Les &#8220;marches europ&#233;ennes&#8221; du printemps 1997 ont jou&#233; un r&#244;le important. Des dizaines de ch&#244;meurs fran&#231;ais ont pu ainsi acqu&#233;rir une exp&#233;rience tr&#232;s riche en traversant l'Europe pendant deux mois, avec, dans des pays tr&#232;s diff&#233;rents, une multitude de r&#233;unions publiques &#224; animer, des rencontres avec des syndicalistes, des &#233;lus, des journalistes&#8230; &lt;br /&gt;
Cette exp&#233;rience fut rapidement mise &#224; profit : les leaders ch&#244;meurs qui ont occup&#233; le petit &#233;cran pendant pr&#232;s de deux mois &#233;taient, pour la majorit&#233; d'entre eux, d'anciens marcheurs du printemps 97 !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;&lt;/a&gt; D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le d&#233;roulement du mouvement s'est op&#233;r&#233; avec des phases tr&#232;s marqu&#233;es.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce fut d'abord l'installation. &lt;br /&gt;
Les occupations ont commenc&#233; &#224; Marseille, ville o&#249; la CGT avait l'habitude de r&#233;cup&#233;rer, tous les ans, les exc&#233;dents des &#8220;fonds sociaux&#8221; des ASSEDIC. Ces fonds sociaux repr&#233;sentaient 2% de la totalit&#233; des allocations ch&#244;mages et &#233;taient utilis&#233;s pour pallier aux situations d'urgence. A Marseille, la CGT faisait une manifestation toutes les fins d'ann&#233;es pour que les ch&#244;meurs pr&#233;sents touchent ce qui restait en caisse, ce qui permettait &#224; des milliers de ch&#244;meurs d'avoir un petit &#8220;plus&#8221; en fin d'ann&#233;e, ce que la CGT appelait la &#8220;prime de No&#235;l&#8221;. Les ASSEDIC, dirig&#233;s par la CFDT, ont d&#233;cid&#233; au milieu de l'ann&#233;e 1997 de revoir le syst&#232;me des fonds sociaux, ce qui a signifi&#233; concr&#232;tement leur fin&#8230; Les marseillais de la CGT se sont retrouv&#233;s devant des caisses vides, ce qui a &#233;t&#233; &#224; l'origine de l'occupation des ASSEDIC de la r&#233;gion marseillaise. &lt;br /&gt;
Les associations de ch&#244;meurs et de lutte contre les exclusions, sans conna&#238;tre les projets de la CGT, avaient d&#233;cid&#233; d'organiser, avec le soutien de forces syndicales (le Groupe des 10, avec les syndicats SUD, la FSU et la gauche de la CFDT), du 16 au 21 d&#233;cembre, une semaine d'action dite &#8220;d'urgence sociale&#8221; afin de mobiliser contre les in&#233;galit&#233;s, la mont&#233;e de la mis&#232;re et r&#233;clamer une augmentation des minima sociaux.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est la jonction de ces deux mouvements qui lan&#231;a le mouvement des ch&#244;meurs, avec des occupations dans plus de 10 centres ASSEDIC, en province puis &#224; Paris. &lt;br /&gt;
Les revendications affich&#233;es &#233;taient la &#8220;prime de No&#235;l&#8221; de 3000F, revendication partie de Marseille, et surtout l'augmentation de 1500F par mois des minima sociaux (l'ASS et le RMI, 2400F/ mois) revendication port&#233;e par les trois associations de ch&#244;meurs (AC !, APEIS, MNCP). &lt;br /&gt;
La p&#233;riode des f&#234;tes, entre No&#235;l et le 1er janvier, marqu&#233;e par un creux traditionnel de l'actualit&#233; et l'absence du gouvernement, fut occup&#233; m&#233;diatiquement par les ch&#244;meurs. Tous les soirs, &#224; la t&#233;l&#233;vision, les reportages se succ&#233;daient et les questions au gouvernement se multipliaient.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce fut ensuite les interventions gouvernementales. &lt;br /&gt;
La premi&#232;re a &#233;t&#233; celle de la Ministre du Travail, Martine Aubry. Celle-ci n'annon&#231;a rien sur les revendications des ch&#244;meurs et se contenta de tenter de discr&#233;diter le mouvement des ch&#244;meurs en minimisant le nombre d'ASSEDIC occup&#233;es (&#171; seulement 13 ASSEDIC sont occup&#233;es &#187;). &lt;br /&gt;
En minimisant le nombre des occupations, la Ministre avait cr&#233;&#233; les r&#233;f&#233;rences le mouvement. En France chaque mouvement social a ses r&#233;f&#233;rences, qui permettent d'&#233;valuer sa force et son &#233;volution : en mai 1968 c'&#233;tait le nombre de gr&#233;vistes (les 10 millions), en novembre et d&#233;cembre 1995 le nombre des manifestants (le million), pendant le mouvement des routiers le nombre de barrages sur les routes&#8230; Pour les ch&#244;meurs ce fut le nombre d'occupations ! Apr&#232;s le discours de la Ministre, les occupations pass&#232;rent, en 5 jours de 13 &#224; pr&#232;s de 40 !
Cette mont&#233;e du mouvement obligea le Premier Ministre &#224; intervenir. &lt;br /&gt;
Celui-ci le fit deux fois en janvier et annon&#231;a un certain nombre de mesures. &lt;br /&gt;
La premi&#232;re, une des plus importantes, fut la reconnaissance officielle des organisations de ch&#244;meurs. Celle-ci ont &#233;t&#233; re&#231;ue par le gouvernement au m&#234;me rang que les conf&#233;d&#233;rations syndicales. &lt;br /&gt;
La deuxi&#232;me a &#233;t&#233; le d&#233;blocage d'un fond d'aide, pour remplacer le &#8220;fonds d'urgence&#8221;, celui-ci &#233;tant cr&#233;dit&#233; de 1 milliards de francs. &lt;br /&gt;
La troisi&#232;me a &#233;t&#233; l'annonce de l'augmentation de l'un des minima, l'ASS, de 8%. Ce minima n'est touch&#233; que par 500 000 allocataires et le RMI, touch&#233; par 1 million de personnes, n'a pas &#233;t&#233; augment&#233;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;De l'avis de tous les mouvements de ch&#244;meurs, ces annonces ont &#233;t&#233; importantes, mais on &#233;tait loin des revendications des ch&#244;meurs. &lt;br /&gt;
D'o&#249; la volont&#233; commune de continuer le mouvement. &lt;br /&gt;
Mais, apr&#232;s plus de 6 semaines de mouvement, cette poursuite de l'action demandait un &#233;largissement &#224; d'autres couches sociales. Cela fut tent&#233;, aupr&#232;s des jeunes (des gr&#232;ves de lyc&#233;ens avaient eu lieu dans quelques villes de l'ouest de la France) et surtout aupr&#232;s de salari&#233;s. &lt;br /&gt;
Le moment choisi pour tenter une jonction entre les ch&#244;meurs et les salari&#233;s a &#233;t&#233; le d&#233;bat parlementaire sur les 35 heures. Il s'agissait de r&#233;clamer de r&#233;elles cr&#233;ations d'emplois pour s'attaquer durablement au ch&#244;mage et d'exiger que la r&#233;duction du temps de travail se fasse sans perte de pouvoir d'achat pour les salari&#233;s ni d'intensification des rythmes de travail par une flexibilit&#233; plus grande de l'utilisation du temps de travail.
Le r&#233;sultat, lors de manifestations le 27 janvier a &#233;t&#233; pour le moins mitig&#233; puisqu'il y eut une forte pr&#233;sence des ch&#244;meurs mais une faible participation syndicale. Celle-ci s'explique par le refus de la CFDT et de FO de participer &#224; toute action sur la r&#233;duction du temps de travail (seuls la CGT, la FSU, le Groupe des 10 avec les syndicats SUD et la gauche de la CFDT avaient appel&#233; au 27), mais aussi par des raisons plus profondes : la grande majorit&#233; des salari&#233;s s'inqui&#232;te d'une r&#233;duction du temps de travail qui s'accompagnerait d'une mod&#233;ration salariale et d'une flexibilisation accrue des horaires. C'est d'ailleurs l&#224; l'un des probl&#232;mes majeurs du syndicalisme pour les ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Devant cette difficult&#233; &#224; &#233;largir le mouvement &#224; d'autres, les ch&#244;meurs se sont retrouv&#233;s dans une situation paradoxale. &lt;br /&gt;
D'un c&#244;t&#233;, le mouvement a connu l'&#233;volution classique des mouvements en phase de d&#233;clin. Les revendications sont pass&#233;es de grandes revendications nationales &#224; des revendications plus locales : une bonne r&#233;partition du fond d'aide d'urgence, le refus des coupures d'&#233;lectricit&#233; et d'eau, la demande de transports gratuits dans les agglom&#233;rations, etc. &lt;br /&gt;
De l'autre, le mouvement avait ses caract&#233;ristiques propres. A la diff&#233;rence d'un mouvement de salari&#233;s ou d'&#233;tudiants, il ne s'agissait pas de noyaux syndiqu&#233;s rejoints, le temps d'une gr&#232;ve, par des milliers d'acteurs qui regagneront leurs atelier ou leurs amphith&#233;&#226;tres apr&#232;s le mouvement. Il s'agissait d'un mouvement de militants rejoints par des ch&#244;meurs qui voulaient s'engager sur le long terme, qui ont du temps et qui vivent le mouvement comme le d&#233;but d'une mobilisation de long terme. &lt;br /&gt;
D'o&#249; une poursuite du mouvement apr&#232;s la fin janvier, et une capacit&#233; &#224; r&#233;aliser des mobilisations tr&#232;s importante : ainsi le 7 mars les organisations de ch&#244;meurs ont pu mobiliser, dans plusieurs villes de France, un nombre de ch&#244;meurs comparable &#224; ceux du mois de janvier !&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;&lt;/a&gt; D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Les le&#231;ons de ce mouvement sont d'ores et d&#233;j&#224; consid&#233;rables. &lt;br /&gt;
D'abord parce que ceux qui ont conduit ce mouvement sont les ch&#244;meurs eux-m&#234;mes, et les plus pauvres d'entre eux, les ch&#244;meurs de longue dur&#233;e, une cat&#233;gorie sociale atomis&#233;e, souvent m&#233;pris&#233;e, et qui n'avait jamais pu faire la preuve de ses capacit&#233;s d'action et de mobilisation. &lt;br /&gt;
En se mobilisant &#224; partir du plus bas les ch&#244;meurs vont donc faciliter les luttes d'autres couches sociales que le syndicalisme n'est souvent plus capable d'organiser, en particulier les travailleurs pr&#233;caires. D'ores et d&#233;j&#224; une premi&#232;re coordination, encore embryonnaire, de salari&#233;s sous statut pr&#233;caire s'est mise en place.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En se mettant en mouvement, et c'est l'autre enseignement essentiel de ce conflit, les ch&#244;meurs ont mis en lumi&#232;re la d&#233;gradation g&#233;n&#233;rale de la situation sociale en France. &lt;br /&gt;
La mont&#233;e du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233; touche maintenant toutes les strates de la soci&#233;t&#233;. Si la majorit&#233; des salari&#233;s en poste sont encore sous statut stable (fonctionnaires ou salari&#233;s &#224; temps plein ayant un contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e), plus de 80% des nouveaux emplois sont des emplois pr&#233;caires. Cette transformation radicale du travail tel qu'il &#233;tait dans les d&#233;cennies pr&#233;c&#233;dentes touche aussi bien les entreprises priv&#233;es que les entreprises publiques (La Poste emploie 80 000 salari&#233;s sous statut pr&#233;caire), les PME que les grandes entreprises traditionnellement prot&#233;g&#233;es (Dassault, la grande entreprise d'aviation, connue pour ses hauts salaires y compris chez les ouvriers, est en train de g&#233;n&#233;raliser le travail &#8220;&#224; la mission&#8221; ce qui fait dispara&#238;tre la notion de temps de travail hebdomadaire). &lt;br /&gt;
Cette mont&#233;e du &#8220;travail atypique&#8221; s'accompagne d'un important accroissement des in&#233;galit&#233;s. Les salaires et surtout les revenus les plus &#233;lev&#233;s s'envolent vers les sommets pendant que les ch&#244;meurs et les salari&#233;s les plus pauvres voient leur pouvoir d'achat reculer. &lt;br /&gt;
Ces &#233;volutions fragilisent toute la soci&#233;t&#233; et sont &#224; la base d'un sentiment largement partag&#233;, l'impression que le &#8220;monde marche sur la t&#234;te&#8221;, que les choses &#233;chappent &#224; tout le monde et qu'il faudra bien faire quelque chose&#8230; C'est probablement l&#224; la racine de cette &#233;tonnante popularit&#233; des mouvements sociaux en France : le nombre de gr&#233;vistes n'est pas tr&#232;s important, mais ils sont soutenus massivement par ce que les sp&#233;cialistes des sondages appellent des &#8220;gr&#232;ves par d&#233;l&#233;gations&#8221;. Si l'on en croit les sondages, les gr&#233;vistes de 1995 &#233;taient soutenus par 55% des fran&#231;ais, les ch&#244;meurs en luttes par 70% de la population, un peu en dessous des camionneurs qui recueillaient, lors de leurs barrages sur les routes le soutien de 74% de leurs concitoyens !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La troisi&#232;me grande cons&#233;quence de ce conflit concerne le mouvement syndical. &lt;br /&gt;
Le clivage maintenant classique dans le mouvements ouvrier fran&#231;ais entre les syndicats li&#233;s aux luttes et aux mouvements (CGT, FSU, SUD et le groupe des 10 , gauche de la CFDT) et les syndicats qui se contentent de g&#233;rer ce qui peut l'&#234;tre dans le cadre du lib&#233;ralisme (majorit&#233; de la CFDT, CFTC, CGC) continue d'&#234;tre op&#233;rant, mais ce n'est plus une cl&#233; d'explication suffisante. &lt;br /&gt;
Ainsi les int&#233;r&#234;ts purement bureaucratiques ont jou&#233; leur r&#244;le, en particulier pour FO. Cette conf&#233;d&#233;ration, qui avait particip&#233; aux gr&#232;ves de 1995, n'a jou&#233; aucun r&#244;le et s'est d&#233;clar&#233;e oppos&#233;e &#224; la reconnaissance de la repr&#233;sentativit&#233; des organisations de ch&#244;meurs, par crainte de voir une nouvelle &#8220;concurrence&#8221; la fragiliser un peu plus. &lt;br /&gt;
Du c&#244;t&#233; de la CFDT, les choses ont &#233;t&#233; plus compliqu&#233;es qu'en 1995. A l'&#233;poque, c'est au nom de la lutte contre les exclusions que la CFDT avait d&#233;fendu le plan Jupp&#233; contre les gr&#233;vistes des services publics&#8230; L&#224;, les exclus rentrant dans l'action, l'opposition farouche de la direction de la CFDT au mouvement des ch&#244;meurs a fait de nombreuses vagues. En interne, o&#249; beaucoup de militant ont &#233;t&#233; d&#233;stabilis&#233;s par la position conf&#233;d&#233;rale, mais aussi chez les alli&#233;s traditionnels de la CFDT, et l'on a pu voir des intellectuels qui l'avaient soutenue en 1995 (Alain Touraine, Pierre Rosanvallon, etc.) se d&#233;clarer en faveur du mouvement des ch&#244;meurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L'une des facettes du bilan demande une certaine prudence : les cons&#233;quences politiques du mouvement des ch&#244;meurs sur les forces de gauche. &lt;br /&gt;
Pendant la p&#233;riode la plus active du mouvement, celui-ci &#233;tait soutenu par les formations d'extr&#234;me gauche, mais aussi par les Verts et par le PC, ces derniers &#233;tant au gouvernement et entendant bien y rester ! &lt;br /&gt;
La pression principale a port&#233; sur le PS et sur le premier ministre Lionel Jospin ; l'argument des mouvements de ch&#244;meurs, repris par les Verts et le PC, &#233;tait que ce mouvement pouvait &#234;tre la chance du gouvernement si celui-ci &#233;tait capable d'entendre les aspirations qui s'exprimaient dans la rue. &lt;br /&gt;
Le gouvernement a re&#231;u les ch&#244;meurs, des sommes ont &#233;t&#233; d&#233;bloqu&#233;es, mais on est tr&#232;s loin du compte. Et les ch&#244;meurs ne sont pas les seuls &#224; consid&#233;rer que le gouvernement n'a pas r&#233;pondu &#224; leurs revendications : la c&#244;te de popularit&#233; de Lionel Jospin a chut&#233; de 9% apr&#232;s sa derni&#232;re intervention t&#233;l&#233;vis&#233;e, le 21 janvier, quand il a clairement refus&#233; de r&#233;pondre favorablement &#224; la principale revendication des ch&#244;meurs, l'augmentation de 1500F des minima sociaux. &lt;br /&gt;
Ce refus n'a cependant pas eu, jusqu'&#224; aujourd'hui en tout cas, plus de cons&#233;quences, ni sur les d&#233;bats internes au PS, o&#249; le mouvement n'a pas entra&#238;n&#233; de d&#233;bats majeurs,ni sur la pr&#233;sence au gouvernement des Verts ou du PC.
Les difficult&#233;s &#224; transformer, chez les salari&#233;s, la sympathie pour le mouvement en mobilisation active explique sans doute en partie les limites actuelles des cons&#233;quences politiques du mouvement des ch&#244;meurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Derni&#232;re le&#231;on que nous traiterons ici : la rapidit&#233; de la contagion europ&#233;enne. &lt;br /&gt;
Le d&#233;marrage du mouvement en Allemagne s'est produit un mois apr&#232;s que le mouvement se soit &#233;tendu en France. Les formes qu'il y a pris sont diff&#233;rentes : une journ&#233;e de mobilisation tous les mois, jusqu'aux &#233;lections allemande, &#224; l'automne prochain. Mais la concordance des mouvements est explicite : comme apr&#232;s d&#233;cembre 1995, mais l&#224; beaucoup plus vite, les ch&#244;meurs allemands se r&#233;f&#233;rent explicitement &#224; l'exemple fran&#231;ais. Et, en retour, les ch&#244;meurs fran&#231;ais s'appuient sur les dates allemandes pour relancer, en mai, leur propre mouvement. &lt;br /&gt;
Cette concordance s'explique par les r&#233;seaux qui se sont tiss&#233;s ces derniers mois, en particulier au moment des marches europ&#233;ennes. &lt;br /&gt;
Elle s'explique surtout par l'&#233;mergence d'un &#8220;mouvement social europ&#233;en&#8221;, encore embryonnaire, mais qui est apparu nettement d&#232;s 1997 : &#224; Bruxelles au printemps, en soutien aux gr&#233;vistes de Renault Vilvorde, en juin &#224; Amsterdam, lors de l'arriv&#233;e des marches lors du sommet europ&#233;en et &#224; l'automne &#224; Luxembourg pour la manifestation syndicale lors du sommet social europ&#233;en. &lt;br /&gt;
Ces mouvements dessinent le visage d'une autre Europe, une Europe sociale, d&#233;mocratique, s'appuyant sur les mouvements sociaux. &lt;br /&gt;
A nous de d&#233;velopper cette perspective dans les mois et ann&#233;es qui viennent !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;i&gt;Viento Sur&lt;/i&gt;, &#233;dition du 10 mars 1998.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les ch&#244;meurs secouent violemment la gauche plurielle</title>
		<link>http://www.preavis.net/breche-numerique/article96.html</link>
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		<dc:date>2008-06-23T07:22:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>MEZZI Dominique</dc:creator>


		<dc:subject>gauche plurielle</dc:subject>
		<dc:subject>AC !</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement des ch&#244;meurs</dc:subject>

		<description>&#192; nouveau l'Europe des travailleurs a les yeux fix&#233;s sur le mouvement social d'ampleur des ch&#244;meurs, sans le sillage de d&#233;cembre 1995, dont la port&#233;e subversive d&#233;noncent les choix anti-sociaux depuis 15 ans et mettent en pleine lumi&#232;re la gestion timor&#233;e de la gauche &#8220;plurielle&#8221; dirig&#233;e par Lionel Jospin. &lt;br /&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, la nouvelle secousse &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article96.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique314.html" rel="directory"&gt;France&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot23.html" rel="tag"&gt;gauche plurielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot401.html" rel="tag"&gt;AC !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot402.html" rel="tag"&gt;mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;Les racines du mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-unitaire-structure&quot;&gt;Un mouvement unitaire structur&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Changer-la-loi-des-35h&quot;&gt;Changer la loi des 35h&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)); --&gt;&lt;/script&gt; &lt;p&gt;&#192; nouveau l'Europe des travailleurs a les yeux fix&#233;s sur le mouvement social d'ampleur des ch&#244;meurs, sans le sillage de d&#233;cembre 1995, dont la port&#233;e subversive d&#233;noncent les choix anti-sociaux depuis 15 ans et mettent en pleine lumi&#232;re la gestion timor&#233;e de la gauche &lt;i&gt;&#8220;plurielle&#8221;&lt;/i&gt; dirig&#233;e par Lionel Jospin.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; nous &#233;crivons, la nouvelle secousse sociale et politique qui &#233;branle la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise et les &#233;quilibres politiques en son sein (dont les toutes prochaines &#233;lections r&#233;gionales en mars 98 donneront une image r&#233;elle), est loin d'&#234;tre termin&#233;e. Le mouvement d'auto-organisation des ch&#244;meurs, qui se traduit par l'entr&#233;e progressive en action de couches nouvelles de pauvret&#233;, a sans doute atteint un certain palier avec les manifestations du 17 janvier dans toute la France, suivies de nouvelles occupations de lieux publics en attendant la d&#233;claration du Premier ministre Lionel Jospin mercredi 21 janvier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette d&#233;claration a &#233;t&#233; d'une tr&#232;s grande fermet&#233; politique. Pas question pour le chef de file de la nouvelle majorit&#233; de gauche en France, mise en place en juin 1997, de mettre le doigt dans une r&#233;vision s&#233;rieuse des choix budg&#233;taires vot&#233;s pour l'ann&#233;e 1998. Et pas question donc de laisser entendre qu'une mobilisation sociale, anim&#233;e par des organisations et syndicats non contr&#244;l&#233;e par le Parti socialiste (PS), puisse obtenir une victoire politique nette sur ses revendications. Lionel Jospin veut montrer &#224; la bourgeoisie fran&#231;aise et europ&#233;enne qu'il tient ferme la barre des choix essentiels, compatibles avec le pacte de stabilit&#233; qui fait la loi en Europe, et avec une politique du &lt;i&gt;&#8220;compromis&#8221;&lt;/i&gt; vis-&#224;-vis du patronat et les lib&#233;raux. Certes, il s'efforce aussi de montrer son &#233;coute des souffrances sociales et, s'il envoie syst&#233;matiquement les flics d&#233;loger les ch&#244;meurs qui occupent les centres ASSEDIC, les mesures qu'il propose (qui se chiffrent entre 1 &#224; 2 milliards de francs, ce qui est d&#233;risoire face aux 140 milliards &#224; rembourser apr&#232;s le scandale de la banque du Cr&#233;dit Lyonnais, ou face aux 130 milliards d'all&#233;gements de charges sociales cumul&#233;es obtenues par le patronat et support&#233;es par le budget de l'&#201;tat et par la S&#233;curit&#233; sociale) n'ont rien &#224; voir avec les m&#233;thodes quasi-thatch&#233;riennes de son &lt;i&gt;&#8220;camarade&#8221;&lt;/i&gt; Blair en Grande-Bretagne, en mati&#232;re de gestion brutale des ch&#244;meurs et des pauvres par la coupure des indemnit&#233;s afin de les obliger &#224; travailler dans n'importe quelles conditions.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Il n'emp&#234;che que confront&#233; &#224; son premier grand conflit social &#224; dimension politique nationale, Lionel Jospin et &#224; travers lui la gauche satellis&#233;e par le Parti socialiste en mai-juin dernier (le Parti communistes fran&#231;ais, les Verts, le Mouvement des citoyens), se trouvent contraints de rendre des comptes &#224; ceux et celles qui avaient plac&#233; quelques espoirs dans une nouvelle exp&#233;rience progressiste apparaissant comme plus sympathique que la fin calamiteuse du r&#232;gne de Mitterrand. D'importants signes publics de craquements et de distances prises par rapport &#224; la discipline gouvernementale apparaissent dans toutes les formations pr&#233;sentes au gouvernement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le Parti communiste se montre le plus suiviste par son secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral Robert Hue, qui a fait le choix d'une collaboration gouvernementale &#224; long terme, seul moyen pour lui de rester un parti cr&#233;dible dans le jeu institutionnel, m&#234;me si l'identit&#233; profonde du parti en est violemment secou&#233;e (car &#224; long terme qu'est-ce qui le distingue du PS ?). Mais ses militants syndicaux sont le plus souvent dans l'action. &#192; Marseille, l&#224; o&#249; le mouvement a &#233;t&#233; le plus massif, il est initi&#233; par des militants CGT tr&#232;s critiques sur l'attitude nationale du PCF, et fort peu unitaires dans la conduite des luttes. Dans d'autres endroits, la collaboration unitaires entre les comit&#233;s CGT de ch&#244;meurs et les associations se passent bien. Quant aux refondateurs communistes regroup&#233;s autour de Guy Hermier (d&#233;put&#233; de Marseille, donc dans une ville o&#249; le PCF manifeste un &#233;clatement public de toutes ses &lt;i&gt;&#8220;sensibilit&#233;s&#8221;&lt;/i&gt;), m&#234;me s'ils ne sont pas homog&#232;nes, ils rebondissent dans la situation actuelle en proposant, avec des d&#233;put&#233;s de la gauche du PS, des amendements visant &#224; durcir sensiblement le projet de loi des 35 heures qui entre en discussion le 27 janvier 1998 &#224; l'Assembl&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Dans le PS lui-m&#234;me, certaines sections soutiennent le mouvement actuel, initient des appels publics de solidarit&#233; et certains &#233;lus refusent de faire appel &#224; la police contre les ch&#244;meurs. Les Verts sont dans l'action (souvent dans les associations de ch&#244;meurs) et leurs &#233;lus (comme la pr&#233;sidente du Conseil r&#233;gional dans le Nord) manifestent aux c&#244;t&#233;s des ch&#244;meurs expuls&#233;s par la police pendant que la ministre de l'environnement Dominique Voynet oscille dans les m&#233;dias entre des d&#233;clarations de soutien &#224; la lutte et ses obligations forc&#233;es de solidarit&#233; gouvernementale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La m&#233;thode Jospin, qui repose sur des &lt;i&gt;&#8220;&#233;quilibres&#8221;&lt;/i&gt; impossibles avec le syst&#232;me, d&#233;voile ainsi des signes de faiblesses en p&#233;riode de crise. S'il ne parvient pas &#224; imposer le silence dans les rangs, et &#224; matraquer une nouvelle fois les esprits, avec des arguments certes renouvel&#233;s, sur l'id&#233;e qu'il n'y a pas d'autre politique possible, comme l'ont fait tous ces pr&#233;d&#233;cesseurs, alors une possibilit&#233; existe que l'h&#233;g&#233;monie socialiste classique soit mise en cause et entra&#238;ne des reclassements politiques. Mais les choses n'en sont qu'&#224; leur d&#233;but.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Une autre variante, beaucoup plus n&#233;gative, serait que Jospin parvienne &#224; colmater les br&#232;ches, &#224; bloquer la concr&#233;tisation d'une alternative politique par un discours habile et un saupoudrage d&#233;mobilisateur. Par exemple en faisant intervenir dans le d&#233;bat public une r&#233;actualisation des concepts de l&#233;gitimit&#233; &#233;lective par rapport &#224; celle de la rue ou celle de &lt;i&gt;&#8220;fractions du peuple&#8221;&lt;/i&gt; minoritaires &#8211; expression utilis&#233;e &#224; la t&#233;l&#233;vision &#8211; par opposition &#224; tout le peuple de la &lt;i&gt;&#8220;R&#233;publique&#8221;&lt;/i&gt; qui s'est exprim&#233; en juin 1997 et aurait ainsi choisi Jospin pour cinq ans, quelles que soient ses d&#233;cisions&#8230; Dans cette variante, il y aurait une fois de plus destruction de l'espoir de gauche, et une nouvelle porte ouverte &#224; une radicalisation &#224; droite et &#224; l'extr&#234;me droite. Le Front national combat le mouvement des ch&#244;meurs, mais attend, par des phrases populistes, d'&#234;tre en mesure d'en r&#233;colter les fruits en fonction du d&#233;nouement de la situation.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;Un-mouvement-unitaire-structure&quot;&gt;&lt;/a&gt; Un mouvement unitaire structur&#233; &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;La lutte des ch&#244;meurs est le r&#233;sultat combin&#233; de trois &#233;volutions :&lt;/p&gt; &lt;ol class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; C'est d'abord le fruit du travail patient accumul&#233; depuis des ann&#233;es par l'association Agir ensemble contre le ch&#244;mage (AC !), cr&#233;&#233;e en 1993 par des syndicalistes CFDT (oppos&#233;s &#224; la ligne Notat), SUD, la F&#233;d&#233;ration syndicale unitaire (FSU), quelques militants CGT, ainsi qu'un grand nombre d'associations dont le Mouvement national des ch&#244;meurs et pr&#233;caires (MNCP), association f&#233;d&#233;rant des collectifs de ch&#244;meurs depuis 1987, ainsi que les militantes qui constitueront ult&#233;rieurement le Collectif national des droits des femmes (qui comprend lui-m&#234;me 160 syndicats, associations, partis). &lt;br /&gt;
AC ! a r&#233;ussi la Marche nationale des ch&#244;meurs en mai 1994 qui, avec 25 000 personnes &#224; Paris, &#233;tait la premi&#232;re grande apparition nationale organis&#233;e des ch&#244;meurs en France. Par la suite, AC ! s'est d&#233;velopp&#233;e dans la plupart des villes, avec tant&#244;t des comit&#233;s regroupant essentiellement des ch&#244;meurs (c'est la majorit&#233; des cas), tr&#232;s actifs sur la lutte pour leurs droits imm&#233;diats (transports gratuits, indemnit&#233;s, coupures de courants, etc.), tant&#244;t des comit&#233;s avec des syndicalistes et des salari&#233;s (et agissant pour populariser aussi la r&#233;duction du temps de travail). Mais AC ! a toujours su garder nationalement son caract&#232;re f&#233;d&#233;rateur entre syndicats et associations constitutifs, et comit&#233;s locaux ouverts &#224; tous et toutes. Ce m&#233;lange permet &#224; AC ! de servir de trait d'union entre ch&#244;meurs isol&#233;s et le mouvement ouvrier organis&#233;. &lt;br /&gt;
Depuis d&#233;cembre 1995, o&#249; les ch&#244;meurs avaient commenc&#233; &#224; d&#233;filer aux c&#244;t&#233;s des salari&#233;s en gr&#232;ve, AC ! agissait aussi en front commun permanent avec d'autres associations, comme l'Association pour l'emploi l'information et la solidarit&#233; des ch&#244;meurs (APEIS), cr&#233;&#233;e en 1984 &#224; l'initiative des f&#233;d&#233;rations de banlieue parisienne du PCF, Droit au logement (DAL), connue pour son action directe de relogement de familles par occupation de logements vides. Avec d'autres, elles forment ensemble ce qui s'est appel&#233; Collectif des &lt;i&gt;&#8220;sans&#8221;&lt;/i&gt; (des &#8220;sans droits&#8221; : sans travail, sans revenu, sans papiers, sans logement&#8230;). Autour de ce collectif des &lt;i&gt;&#8220;sans&#8221;&lt;/i&gt;, l'&#233;largissement syndical &#233;tait croissant, avec depuis quelques mois la pr&#233;sence de la f&#233;d&#233;ration Finances CGT, qui agit en ind&#233;pendance relative par rapport &#224; la conf&#233;d&#233;ration. Ce collectif avait d&#233;cid&#233; de faire avant No&#235;l une semaine d'action pour mettre en &#233;vidence sur la sc&#232;ne publique la situation faite aux ch&#244;meurs ainsi qu'aux 3,2 millions de personnes qui en France sont b&#233;n&#233;ficiaires des &lt;i&gt;&#8220;minimas sociaux&#8221;&lt;/i&gt; (soit 6 millions de personnes avec les familles). &lt;br /&gt;
Les &lt;i&gt;&#8220;minimas sociaux&#8221;&lt;/i&gt; sont les indemnit&#233;s r&#233;siduelles vers&#233;es aux plus pauvres, une fois &#233;puis&#233;s les droits de la protection sociale ou en l'absence de cotisations pr&#233;alables. Ces &lt;i&gt;&#8220;minimas&#8221;&lt;/i&gt; sont donc pour l'essentiel financ&#233;s par l'&#201;tat. Parmi les 8 minimas sociaux recens&#233;s, il y a l'Allocation sp&#233;cifique de solidarit&#233; (ASS), vers&#233;e aux ch&#244;meurs ayant &#233;puis&#233;s leurs droits &#224; indemnit&#233;, qui n'a pas &#233;t&#233; augment&#233;e depuis 1994 et dont le pouvoir d'achat a fortement baiss&#233; depuis sa cr&#233;ation en 1984. Il existe aussi le Revenu minimum d'insertion (RMI), cr&#233;&#233; en 1989, actuellement de 2 400 francs (mille cinq cents francs de moins que le seuil de pauvret&#233; calcul&#233; &#224; hauteur du demi-salaire m&#233;dian, soit environ 3 900 francs), et dont les jeunes de moins de vingt cinq ans sont exclus.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la deuxi&#232;me grande composante qui a permis cet hiver au mouvement actuel de prendre son essor est constitu&#233;e des comit&#233;s de ch&#244;meurs ou de &lt;i&gt;&#8220;priv&#233;s d'emplois&#8221;&lt;/i&gt; organis&#233;s par la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT). Ces comit&#233;s existent depuis longtemps, mais &#233;taient tomb&#233;s en sommeil jusqu'&#224; leur r&#233;activation dans les trois ou quatre derni&#232;res ann&#233;es, parall&#232;lement &#224; la naissance d'AC ! Leur implantation est in&#233;gale suivant les r&#233;gions (ils revendiquaient officiellement 7 500 adh&#233;rents en 1997). Elle avait essentiellement comme caract&#233;ristique d'&#234;tre tr&#232;s locale et tr&#232;s d&#233;pendante du soutien des structures CGT. Dans la r&#233;gion de Marseille, cette implantation &#233;tait cependant massive (des manifestations de plusieurs milliers de ch&#244;meurs en d&#233;cembre 1995) et avait &#224; son actif des r&#233;sultats revendicatifs pour des dizaines de milliers de personnes (primes de No&#235;l obtenues par les fonds sociaux de l'assurance ch&#244;mage) Jamais cependant, les comit&#233;s CGT ch&#244;meurs n'avaient r&#233;ussi &#224; marquer la sc&#232;ne politique nationale par leurs actions (&#224; la diff&#233;rence d'AC !). Or c'est ce qui va se passer en ce d&#233;but d&#233;cembre 1997, o&#249; les occupations des antennes ASSEDIC de Marseille, pour exiger le r&#233;tablissement des primes et des fonds sociaux supprim&#233;es ou diminu&#233;es par la nouvelle pr&#233;sidente de l'UNEDIC Nicole Notat, secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale de la Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise d&#233;mocratique du travail (CFDT), vont tr&#232;s vite avoir un retentissement national. Elles vont imm&#233;diatement faire &#233;cho &#224; la semaine d'action d&#233;cid&#233;e au m&#234;me moment par le Collectif des &lt;i&gt;&#8220;sans&#8221;&lt;/i&gt; sur des revendications voisines, auxquelles s'ajoutera tr&#232;s vite la demande de revalorisation uniforme des minimas sociaux de 1 500 francs, avec le droit au RMI pour les moins de 25 ans.&lt;/li&gt;&lt;li&gt; la troisi&#232;me raison qui a permis l'apparition unitaire &#224; partir du 23 d&#233;cembre 1997 d'un front quasi permanent constitu&#233; par AC !, APEIS, MNCP et les comit&#233;s CGT, front unitaire qui d&#233;multiplie l'impact des mobilisations, c'est la d&#233;cision prise par la direction des comit&#233;s CGT, appuy&#233;e fortement par la direction conf&#233;d&#233;rale CGT, de soutenir l'unit&#233; d'action et m&#234;me de l'organiser de mani&#232;re visible. Cette orientation unitaire avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; discut&#233;e au congr&#232;s de juin 1997 des comit&#233;s CGT, congr&#232;s qui avait &#233;t&#233; suivi d'un changement de direction. Elle fut r&#233;ellement mise en pratique en d&#233;cembre avec succ&#232;s.&lt;/li&gt;&lt;/ol&gt; &lt;p&gt;Ces trois &#233;l&#233;ments ont donc cr&#233;&#233; une forte synergie pour donner un &#233;cho croissant &#224; un mouvement d'occupation de lieux publics assez peu massif par le nombre, mais tr&#232;s fortement soutenu par la population (70 % d'opinions favorables). L'unit&#233; des quatre associations a acquis un caract&#232;re beaucoup plus organis&#233;, sur le plan national, que la seule juxtaposition des syndicats en lutte en d&#233;cembre 1995. En 1995 en effet, les discussions intersyndicales se passaient dans la rue, entre dirigeants dans les manifestations, ou par t&#233;l&#233;phone. &#192; Paris, aucune r&#233;union unitaire n'a eu lieu.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Cette fois, l'unit&#233; s'est concr&#233;tis&#233;e par des r&#233;unions unitaires fr&#233;quentes, avec des d&#233;clarations communes, un badge de lutte commun, des actions co-organis&#233;es malgr&#233; parfois des tensions ou des divergences. Ce nouveau visage unitaire a &#233;t&#233; amplifi&#233; simultan&#233;ment par le soutien explicite de la CGT, des syndicats CFDT en lutte, de la FSU, des syndicats SUD et du Groupe des dix (lesquelles viennent de constituer une union interprofessionnelle). Une force syndicale unitaire de fait appara&#238;t donc dans le champ syndical. Cela laissera des traces dans l'avenir, m&#234;me s'il est peu probable que la direction de la CGT ait pour projet de stabiliser ce front syndical et associatif. La direction de la CGT est contrainte de tenir compte &#224; la fois de la pr&#233;sence du PCF au gouvernement et du malaise que cela produit dans ses rangs, mais aussi de la volont&#233; d'une partie de sa base ou des directions interm&#233;diaires de renouveler les pratiques syndicales.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Parall&#232;lement, les autres conf&#233;d&#233;rations syndicales n'ont pas soutenu ou ont m&#234;me combattu le mouvement. Force ouvri&#232;re (FO), troisi&#232;me conf&#233;d&#233;ration (dans laquelle le poids des militants du courant lambertiste est croissant) n'a pas voulu soutenir les actions sous pr&#233;texte qu'il ne faut pas couper les ch&#244;meurs des salari&#233;s et expliquant publiquement que le mouvement &#233;tait manipul&#233; par le PCF et la LCR (faisant m&#234;me des amalgames honteux avec des ch&#244;meurs qui seraient influenc&#233;s par le Front national).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Quant &#224; la CFDT, deuxi&#232;me conf&#233;d&#233;ration, qui g&#232;re le syst&#232;me d'indemnisation avec la CNPF, et qui est &#224; l'origine avec le CNPF d'une baisse des indemnisations dans les derni&#232;res ann&#233;es, elle a refus&#233; totalement de remettre &#224; plat le r&#233;gime d'indemnisation, de proposer un r&#233;tablissement des aides d'urgence &#224; la m&#234;me hauteur qu'auparavant ou d'augmenter les cotisations patronales. L&#224; aussi le pr&#233;texte invoqu&#233; est qu'il faut utiliser l'argent pour &lt;i&gt;&#8220;activer&#8221;&lt;/i&gt; l'emploi, et non pour des &lt;i&gt;&#8220;d&#233;penses passives&#8221;&lt;/i&gt;. Comme si les ch&#244;meurs &#233;taient par d&#233;finition des personnes &lt;i&gt;&#8220;passives&#8221;&lt;/i&gt; ! La CFDT s'est donc tourn&#233;e vers le gouvernement en lui demandant de se d&#233;brouiller avec son r&#244;le social. Et le gouvernement n'a pas voulu remettre en cause l'&#233;difice institutionnel o&#249; tr&#244;ne la CFDT, car il a besoin de la CFDT (qui n'a m&#234;me pas milit&#233; pour la gauche en juin 1997 !) pour n&#233;gocier avec le patronat des compromis locaux sur la loi des 35h et emp&#234;cher une radicalisation. Mais une fois de plus, la direction CFDT se place en travers d'un mouvement social tr&#232;s populaire. Certaines r&#233;gions CFDT faisant partie de la majorit&#233; conf&#233;d&#233;rale ont appel&#233; aux manifestations en plus des syndicats CFDT &lt;i&gt;&#8220;en lutte&#8221;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;Changer-la-loi-des-35h&quot;&gt;&lt;/a&gt; Changer la loi des 35h &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;Le mouvement des ch&#244;meurs permet en m&#234;me temps de redynamiser le d&#233;bat social sur les solutions de fond au ch&#244;mage, qui commence le 27 janvier avec la discussion de la loi des 35h. Le projet de loi des 35h d&#233;fendu par Jospin et Martine Aubry a soulev&#233; l'espoir dans le tissu militant du mouvement ouvrier, en programmant une date nationale, le 1er janvier 2000 pour le passage aux 35h l&#233;gales pour les entreprises de plus de 20 salari&#233;s (en 2002 pour les autres). Mais les concessions faites au patronat sur la flexibilit&#233;, les salaires, le quasi non paiement des heures suppl&#233;mentaires, sont tr&#232;s importantes. &#192; tel point que les salari&#233;s &#233;taient extr&#234;mement h&#233;sitants &#224; s'emparer activement de cette revendication, alors que le syndicalisme avait eu majoritairement une attitude d'extr&#234;me passivit&#233; depuis septembre 1997.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement des ch&#244;meurs est venu r&#233;veiller la dynamique sociale l&#224; o&#249; on ne l'attendait pas. Il est devenu un mouvement social national, r&#233;veillant l'envie de se battre, de tisser des r&#233;seaux de re-socialisation des ch&#244;meurs par l'action et l'irruption dans le d&#233;bat public. Une fois de plus, le mouvement ouvrier ou la gauche au sens large, s'est sentie repr&#233;sent&#233;e par une action de d&#233;nonciation directe des choix lib&#233;raux qui ont conduit depuis des ann&#233;es &#224; un &#233;clatement du salariat, &#224; l'accroissement de la mis&#232;re. La solidarit&#233; de classe a trouv&#233; une dimension symbolique autour des ch&#244;meurs, et donc reconquis une force politique.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour autant, la liaison n'est pas facile &#224; construire entre la lutte pour le revenu des ch&#244;meurs et des pauvres, et la lutte pour l'emploi par une loi des 35h, vers les 32h, r&#233;ellement cr&#233;atrice d'emplois. Le 27 janvier, des manifestations auront lieu sur ce th&#232;me dans toute la France. Mais elles ne p&#232;seront pas suffisamment pour modifier le projet de loi gouvernemental de mani&#232;re significative. Un projet de manifestation nationale &#224; Paris des ch&#244;meurs est actuellement en d&#233;bat pour fin f&#233;vrier, ou d&#233;but mars. Le mouvement des ch&#244;meurs n'est &#224; coup s&#251;r pas termin&#233;, car la chappe de plomb de la r&#233;signation est bris&#233;e.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mais pour gagner, il faudra savoir articuler la puissance du mouvement social avec des effets politiques substantiels dans le syst&#232;me majoritaire de la gauche plurielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'invit&#233; : Olivier Besancenot</title>
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		<dc:creator>BESANCENOT Olivier</dc:creator>


		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>

		<description>Qui ne conna&#238;t pas Olivier BESANCENOT ? Porte-parole de la LCR, candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002 (o&#249; il a r&#233;colt&#233; 4,25% des suffrages au premier tour), il a redonn&#233; un coup de jeune &#224; l'extr&#234;me-gauche (il aura 31 ans en avril). &lt;br /&gt; Militant depuis le lyc&#233;e, syndicaliste chez SUD-PTT, il est toujours pr&#233;sent aux c&#244;t&#233;s de ceux qui luttent, &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article330.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique393.html" rel="directory"&gt;Sites Internet (divers)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot90.html" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qui ne conna&#238;t pas Olivier BESANCENOT ? Porte-parole de la &lt;a href='http://www.lcr-rouge.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;LCR&lt;/a&gt;, candidat aux &#233;lections pr&#233;sidentielles de 2002 (o&#249; il a r&#233;colt&#233; 4,25% des suffrages au premier tour), il a redonn&#233; un coup de jeune &#224; l'extr&#234;me-gauche (il aura 31 ans en avril). &lt;br&gt;
Militant depuis le lyc&#233;e, syndicaliste chez SUD-PTT, il est toujours pr&#233;sent aux c&#244;t&#233;s de ceux qui luttent, quitte &#224; se faire casser un bras lors d'une manifestation. Quand nous l'avons sollicit&#233; pour Actuchomage, il &#233;tait certainement tr&#232;s occup&#233; : cet interview a donc &#233;t&#233; recueillie par e-mail. Nous regrettons de ne pas avoir eu l'opportunit&#233; de le rencontrer en t&#234;te &#224; t&#234;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;Les racines du mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-unitaire-structure&quot;&gt;Un mouvement unitaire structur&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Changer-la-loi-des-35h&quot;&gt;Changer la loi des 35h&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)); --&gt;&lt;/script&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Vous &#234;tes titulaire d'une licence de droit. Comment se fait-il que vous soyez facteur ? Cette activit&#233; professionnelle correspond-elle &#224; un choix, un engagement ? Avez-vous d&#233;j&#224; &#233;t&#233; au ch&#244;mage ? Si oui, qu'est-ce qui vous y a contraint, et quels enseignements en avez-vous tir&#233;s ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Franchement, mon propre itin&#233;raire professionnel personnel, qui n'est d'ailleurs pas du tout exceptionnel pour une grande partie de ma g&#233;n&#233;ration, ne pr&#233;sente pas d'int&#233;r&#234;t particulier. Et puis, justement, il est&#8230; personnel !&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : L'ann&#233;e 2004 a &#233;t&#233; marqu&#233;e par des mouvements initi&#233;s par les ch&#244;meurs et pr&#233;caires (Recalcul&#233;s, r&#233;forme de l'ASS - Allocation sp&#233;cifique de solidarit&#233; -, RMA&#8230;). Vous vous &#234;tes vous-m&#234;me d&#233;plac&#233; lors de certains rassemblements devant les si&#232;ges de l'Unedic et du Medef, ou devant le TGI de Paris (nous vous y avons crois&#233;). Que retenez-vous de ces mobilisations ? Certaines organisations de pr&#233;caires, de ch&#244;meurs et d'intermittents ont d&#233;plor&#233; le manque d'engagement et d'initiatives de la LCR sur ces questions. Qu'avez-vous &#224; leur r&#233;pondre ? Vous sentez-vous proche des mouvements de ch&#244;meurs ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Organiser la solidarit&#233; et la lutte des salari&#233;s n'est d&#233;j&#224; pas facile. Alors, il est s&#251;r que c'est encore plus compliqu&#233; d'organiser les ch&#244;meurs ou les pr&#233;caires qui sont renvoy&#233;s &#224; l'isolement et &#224; l'atomisation par leur situation m&#234;me. L'int&#233;r&#234;t des rassemblements que vous &#233;voquez et auxquels j'ai effectivement apport&#233; ma pr&#233;sence solidaire, c'est bien &#233;videmment de mettre la pression sur le MEDEF et les pouvoirs publics. Mais c'est aussi de sortir les ch&#244;meurs de l'isolement, de leur redonner confiance, de leur faire (re)trouver le go&#251;t de l'action et du &#8220;tous ensemble&#8221;. C'est un combat pour la dignit&#233; ; mais le combat lui-m&#234;me est un acte de dignit&#233;. &lt;br /&gt;
La LCR soutient franchement, sans r&#233;serves ni esprit de r&#233;cup&#233;ration, les associations de ch&#244;meurs et leurs mobilisations. Elle le fait&#8230; &#224; la mesure de ses forces et de ses moyens, qui sont modestes. Bien s&#251;r, sur ce sujet comme sur tant d'autres, nous pouvons regretter de ne pas pouvoir faire assez. Mais l'essentiel, c'est quand m&#234;me la volont&#233; des ch&#244;meurs et des pr&#233;caires &#8211; il y a en dans les rangs de la LCR&#8230; - de s'organiser eux-m&#234;mes, de prendre en charge leurs revendications et leurs luttes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Il appara&#238;t que seuls les Recalcul&#233;s de l'Ass&#233;dic ont vraiment obtenu gain de cause : la r&#233;int&#233;gration dans leurs droits, obtenue au terme d'une bataille juridique men&#233;e devant les TGI de Marseille et de Paris (le RMA est pour sa part appliqu&#233; par certains d&#233;partements, notamment PS, et la r&#233;forme de l'ASS - pourtant suspendue par d&#233;cision de Jacques Chirac -, finalement appliqu&#233;e dans l'indiff&#233;rence g&#233;n&#233;rale). Que vous inspire ce nouveau mode d'action qui fait appel &#224; la Justice ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Pour faire respecter les droits des ch&#244;meurs &#8211; comme, d'ailleurs, les droits des travailleurs en g&#233;n&#233;ral - les d&#233;marches juridiques sont loin de constituer une voie royale. Au bout du compte, ce sont toujours le rapport de force et le niveau de mobilisation qui sont d&#233;terminants. Pour autant, dans certaines phases de la lutte et &#224; condition d'&#234;tre articul&#233; &#224; un processus de mobilisation, le recours &#224; la Justice peut s'av&#233;rer utile : pour faire conna&#238;tre le probl&#232;me et alerter l'opinion populaire, pour sortir de l'isolement, pour donner confiance aux int&#233;ress&#233;s, pour b&#226;tir la solidarit&#233; avec ceux qui ont un emploi, pour d&#233;noncer le scandale, etc&#8230; Mais rien ne peut remplacer la lutte.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Quelles sont les causes principales du ch&#244;mage en France ? Estimez-vous que le ch&#244;mage est uniquement &quot;instrumentalis&#233;&quot; par le patronat ou qu'il est une cons&#233;quence de la concurrence internationale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Le ch&#244;mage a des causes multiples mais qui, toutes, renvoient au fonctionnement global du syst&#232;me capitaliste dont les deux principaux fondements sont la recherche du profit maximum et la concurrence, nationale, continentale ou internationale. Pour une entreprise donn&#233;e, la n&#233;cessit&#233; de servir aux actionnaires des dividendes au moins &#233;gaux &#224; ceux des entreprises concurrentes conduit &#224; augmenter la productivit&#233;, dont le &#8220;co&#251;t du travail&#8221; est le facteur d&#233;terminant. Cela s'op&#232;re en g&#233;n&#233;ral par des restructurations et des licenciements. En retour, l'existence d'un taux de ch&#244;mage important permet de faire pression sur les salaires.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Quelle est votre approche des ph&#233;nom&#232;nes migratoires et notamment de l'immigration ? Que vous inspirent les &quot;mesures&quot; envisag&#233;es par la gauche et par la droite : syst&#232;me de quotas (d&#233;fendu par Sarkozy), &quot;contrats entre pays&quot; (d&#233;fendu par Hollande) ? Faut-il lutter contre l'immigration clandestine ou faut-il ouvrir les fronti&#232;res sans restriction ? L'immigration clandestine est-elle un facteur de d&#233;stabilisation &#233;conomique et de pr&#233;carisation (notamment pour des Fran&#231;ais et immigr&#233;s d&#233;j&#224; en grande difficult&#233;) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Les migrations de populations ont des causes structurelles : les immigr&#233;s qui fuient leur pays le font parce que ces pays sont en proie &#224; la famine, &#224; la mis&#232;re, au sous-d&#233;veloppement, &#224; la pauvret&#233; de masse ou aux guerres, autant de situations dramatiques qui sont le r&#233;sultat d'une politique de domination des pays du Sud par les multinationales. Aussi longtemps que ces situations n'auront pas &#233;t&#233; &#233;radiqu&#233;es, aucun syst&#232;me l&#233;gislatif ou r&#233;glementaire - immigration z&#233;ro, quotas, contrats entre pays, etc. - contraignant n'a &#233;t&#233;, n'est et ne sera capable d'emp&#234;cher ou de r&#233;guler l'immigration. Leur seule cons&#233;quence est de transformer les immigr&#233;s en immigr&#233;s ill&#233;gaux, clandestins, sans papiers et de les condamner ainsi &#224; la surexploitation. C'est pourquoi la LCR se prononce pour le libre droit de circulation et d'installation et combat pour l'&#233;galit&#233; des droits entre Fran&#231;ais et immigr&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Quels sont vos principaux griefs vis-&#224;-vis du Plan Borloo dit loi de Coh&#233;sion sociale ? Pr&#233;sente-t-il quelques avanc&#233;es ? Si oui, lesquelles ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Comme Chirac en 1995, Borloo nous refait le coup de la fracture sociale ! Les attendus de sa loi Borloo font une description r&#233;aliste et alarmiste des situations de ch&#244;mage, de pr&#233;carit&#233;, de pauvret&#233; et d'exclusion. Mais c'est pour mieux conclure sur les m&#234;mes recettes lib&#233;rales qui sont &#224; l'origine de ces situations dramatiques. Il remet en cause de nombreux articles du code du travail dans le seul but de faciliter les licenciements. Il formalise les controles qui permettent de baisser l'indemnisation des ch&#244;meurs qui refusent de prendre n'importe quel boulot aux conditions fix&#233;es par le patronat. Il cr&#233;e un &#171; contrat interm&#233;diaire &#187; qui n'est qu'un faux contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e apr&#232;s un licenciement, lui bien r&#233;el. Loin de r&#233;duire la pr&#233;carit&#233;, ce nouveau contrat vise &#224; l'institutionnaliser et &#224; la d&#233;velopper, pour satisfaire les exigences des patrons. Enfin, il franchit une nouvelle &#233;tape dans la privatisation de l'ANPE en confiant &#224; des entreprises priv&#233;es le placement des ch&#244;meurs les plus &#171; employables &#187;.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; au Logement et &#224; la Ville, Marc-Philippe Daubresse, a d&#233;clar&#233; qu'avec le ministre de la Coh&#233;sion sociale Jean-Louis Borloo il avait pass&#233; son ann&#233;e 2004 &#224; &quot;emp&#234;cher la r&#233;volution&quot;. Que vous inspire cette &quot;lecture&quot; de la situation sociale ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Si l'on consid&#232;re l'actualit&#233; et le court terme, cette &#8220;lecture de la situation sociale&#8221; semble quelque peu&#8230; exag&#233;r&#233;e. A plus long terme, on peut comprendre l'inqui&#233;tude du MEDEF et de ses repr&#233;sentants politiques. La d&#233;t&#233;rioration de la situation du monde du travail (ch&#244;mage, pr&#233;carit&#233;, blocage des salaires) et l'aggravation des attaques contre les acquis sociaux (retraites, sant&#233;, indemnisation du ch&#244;mage, privatisations, remise en cause du code du travail) ne restera pas &#233;ternellement sans r&#233;ponse de la part des salari&#233;s et des couches populaires. Ceux-ci ont connu des d&#233;faites : par exemple, &#224; la suite du mouvement de mai et juin 2003 contre la contre-r&#233;forme des retraites et la d&#233;centralisation. Mais, depuis 1995, divers mouvements de lutte, sectoriels ou plus globaux, montrent les capacit&#233;s de r&#233;sistance au lib&#233;ralisme. &lt;br /&gt;
Cela pose la question d'un mouvement d'ensemble &#8211; un Novembre et D&#233;cembre 1995 o&#249; participeraient les travailleurs du secteur priv&#233;, un Mai et Juin 2003 qui irait jusqu'au bout&#8230; - qui obtienne enfin une victoire. C'est la perspective que nous d&#233;fendons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Quand Jean-Pierre Raffarin annonce une baisse du ch&#244;mage de 10% en 2005, cela vous para&#238;t-il cr&#233;dible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Franchement, personne ne peut le prendre au s&#233;rieux !!!&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Quelles seraient les principales mesures &#224; prendre pour faire reculer efficacement et durablement le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; en France ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Un v&#233;ritable plan d'urgence contre le ch&#244;mage et la pr&#233;carit&#233; s'articulerait autour de plusieurs mesures telles que : &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.preavis.net/breche-numerique/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; l'interdiction des licenciements, &#224; commencer par l'interdiction des licenciements dans les entreprises qui font des profits et qui licencient quand m&#234;me (simplement pour accro&#238;tre leurs profits) &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.preavis.net/breche-numerique/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; le d&#233;veloppement des services publics, de qualit&#233;, accessibles &#224; tous et toutes, de fa&#231;on &#224; satisfaire les besoins sociaux qui existent mais ne peuvent &#234;tre satisfaits pour des raisons financi&#232;res &lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.preavis.net/breche-numerique/local/cache-vignettes/L8xH11/puce-32883.gif&quot; width='8' height='11' class='puce' alt=&quot;-&quot; style='height:11px;width:8px;' /&gt; la poursuite du processus de r&#233;duction du temps de travail, sans flexibilit&#233; ni annualisation ni perte de salaire. Naturellement, pour financer ces mesures, il faut s'en prendre aux profits et aux grandes fortunes et imposer une autre r&#233;partition des richesses.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Vous &#233;tiez pr&#233;sent &#224; Porto Alegre. On a le sentiment qu'une mobilisation altermondialiste existe sur le plan international mais qu'elle n'a que peu de r&#233;percussions en France (mise &#224; part la lutte contre les OGM anim&#233;e par messieurs Bov&#233; et Mam&#232;re). Quels enseignements tirez-vous de ce type de rassemblement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Reconstruire des liens de solidarit&#233; internationale entre les mouvements sociaux des diff&#233;rents pays est un travail de longue haleine. Les forums sociaux, les contre-sommets, les rassemblements internationaux du mouvement altermondialiste sont des &#233;tapes et des occasions pr&#233;cieuses de se rencontrer, d'&#233;changer des exp&#233;riences, de coordonner des initiatives de lutte. Des r&#233;seaux s'y cr&#233;ent et s'y d&#233;veloppent, par th&#233;matiques (pr&#233;servation de la plan&#232;te, dette et sous-d&#233;veloppement, lutte contre la guerre, etc&#8230;) ou par secteur d'intervention (&#233;ducation, transports, paysannerie, etc&#8230;). Sur le plan proprement politique, en une d&#233;cennie, le mouvement altermondialiste a permis de r&#233;habiliter l'anti-capitalisme et l'internationalisme. C'est une nouvelle prise de conscience qui s'approfondit et qui s'&#233;largit.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : Le clan du &quot;NON&quot; se mobilise &#224; l'approche du r&#233;f&#233;rendum sur la Constitution Europ&#233;enne. Il va r&#233;unir des formations et partis politiques radicalement oppos&#233;s. La gauche militante en faveur du &quot;Non&quot; va se retrouver &quot;aux c&#244;t&#233;s&quot; de l'extr&#234;me droite, des souverainistes et autres nationalistes. Quels arguments souhaitez-vous mettre en avant pour vous opposer au trait&#233;, tout en vous diff&#233;renciant des discours des autres partisans du &quot;Non&quot; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; Notre combat contre le projet de trait&#233; constitutionnel est r&#233;solument celui d'un &#8220;non de gauche&#8221;, anti-capitaliste, ancr&#233; sur des exigences d&#233;mocratiques et sociales qui sont aux antipodes des discours souverainistes. La Constitution europ&#233;enne veut inscrire dans le marbre la dictature des march&#233;s financiers, alors que nous luttons pour donner la priorit&#233; aux besoins sociaux. Elle organise d&#233;r&#233;gulations et privatisations, alors que nous luttons pour la d&#233;fense et l'extension des services publics. Elle s'attaque aux acquis sociaux produits par les luttes du mouvement ouvrier dans les diff&#233;rents pays, alors que nous d&#233;fendons l'id&#233;e d'une harmonisation par le haut des droits sociaux. Elle vise &#224; contraindre les &#233;tats europ&#233;ens &#224; augmenter leurs budgets militaires et construire un nouveau militarisme europ&#233;en sous le contr&#244;le de l'OTAN, alors que nous luttons pour une Europe de la paix et de l'amiti&#233; entre les peuples. Elle &#233;rige l'Europe en forteresse ferm&#233;e aux peuples du Sud, alors que nous luttons pour l'&#233;galit&#233; des droits (y compris le droit de vote) pour les immigr&#233;s qu'ils soient ou non citoyens des pays de l'union europ&#233;enne. Contre l'Europe r&#233;actionnaire et &#171; chr&#233;tienne &#187;, nous d&#233;fendons le droit des femmes &#224; disposer d'elles-m&#234;mes (avortement, contraception) alors que ces droits ne sont pas reconnus dans certains pays de l'Union (Pologne, Portugal, Irlande).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : &#202;tes-vous favorable &#224; l'entr&#233;e de la Turquie dans la CEE ? Pour quelles raisons l'&#234;tes-vous ou ne l'&#234;tes-vous pas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; L'Europe sociale et d&#233;mocratique pour laquelle nous luttons n'a pas une d&#233;finition g&#233;ographique : c'est un projet politique de solidarit&#233; entre les peuples et les travailleurs, au-del&#224; des fronti&#232;res. Par principe, nous sommes donc favorables &#224; ce que les peuples qui le souhaitent puissent rejoindre l'union europ&#233;enne. Alors, nous lutterons ensemble pour faire triompher une &#171; autre Europe &#187;. Si les travailleurs et les peuples de Turquie souhaitent rejoindre l'Europe, pour nous, pas de probl&#232;me ! Au contraire&#8230;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuchomage : &#192; quoi sert une candidature LCR &#224; la pr&#233;sidentielle ? Ne contribue-t-elle pas &#224; l'&#233;parpillement des voix de gauche ? Si l'on devait r&#233;&#233;crire l'histoire, vous repr&#233;senteriez-vous &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2002 ? Quels enseignements avez-vous tir&#233;s du duel Le Pen/Chirac ? Est-il possible qu'il se reproduise en 2007 (peut-&#234;tre sous une autre forme : Le Pen/Sarkozy, par exemple) ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Olivier BESANCENOT :&lt;/strong&gt; En r&#232;gle g&#233;n&#233;rale, une campagne &#233;lectorale sert &#224; d&#233;fendre le programme politique que nous pensons utile au monde du travail. Apr&#232;s plus de vingt ans d'alternance entre droite lib&#233;rale et gauche lib&#233;rale, il est plus important que jamais de d&#233;fendre une alternative radicale au syst&#232;me. Soit dit en passant, il s'agit aussi d'offrir une chance &#224; ceux qui ont perdu toute confiance dans le combat politique collectif de continuer &#224; voter (&#224; gauche). A l'inverse, toute nouvelle &#233;volution vers le bipartisme ne pourrait qu'amplifier le mouvement vers l'abstention d&#233;j&#224; &#224; l'&#339;uvre en France et, au-del&#224;, en Europe. &lt;br /&gt;
Cela dit, pour infliger des coups et des reculs &#224; la droite et au gouvernement, pas question d'attendre 2007 : c'est dans les mobilisations sociales, dans le mouvement lyc&#233;en et dans la campagne pour le non de gauche &#224; la constitution europ&#233;enne, que &#231;a se joue ! C'est &#224; cela que nous consacrons tous nos efforts. Autant dire que la discussion sur les &#233;ch&#233;ances &#233;lectorales de 2007 est, &#224; notre avis, quelque peu pr&#233;matur&#233;e&#8230; Quant au retour sur celles de 2002, &#224; quoi pourrait bien servir de jouer &#224; r&#233;&#233;crire l'histoire ou &#224; &#171; refaire le match &#187; ? Enfin, s'agissant de Le Pen, l'important est surtout de s'attaquer aux causes qui expliquent qu'il ait pu figurer au deuxi&#232;me tour de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2002 : c'est en luttant pour le changement social et en d&#233;veloppant les mobilisations sociales que l'on fera r&#233;ellement et durablement reculer l'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Yves Barraud et Sophie Hancart. &lt;br /&gt;
&#169; &lt;a href='http://www.actuchomage.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Actuchomage&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &#8211; Mars 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Les ch&#244;meurs desserrent l'&#233;tau </title>
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		<dc:date>2006-04-25T10:01:20Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>AGUITON Christophe, LEVY Catherine</dc:creator>


		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>

		<description>En refusant le rel&#232;vement des minima sociaux, M. Lionel Jospin s'est attir&#233; les f&#233;licitations du patronat fran&#231;ais, heureux de son &#171; ouverture tr&#232;s nette vers une soci&#233;t&#233; de travail et non d'assistance &#187;. Cette fermet&#233; peut s&#233;duire une fraction de l'opinion conservatrice - qui trouvera tr&#232;s vite d'autres motifs de m&#233;contentement (le projet de loi sur la &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article295.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique47.html" rel="directory"&gt;Le Monde diplomatique&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot90.html" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En refusant le rel&#232;vement des minima sociaux, M. Lionel Jospin s'est attir&#233; les f&#233;licitations du patronat fran&#231;ais, heureux de son &#171; ouverture tr&#232;s nette vers une soci&#233;t&#233; de travail et non d'assistance &#187;. Cette fermet&#233; peut s&#233;duire une fraction de l'opinion conservatrice - qui trouvera tr&#232;s vite d'autres motifs de m&#233;contentement (le projet de loi sur la semaine de 35 heures, par exemple) -, mais elle ne r&#233;sout rien quant au fond et cr&#233;e une fracture entre la gauche au pouvoir et son &#233;lectorat. D'autant que le mouvement des ch&#244;meurs a provoqu&#233; l'&#233;mergence de nouvelles organisations bien d&#233;cid&#233;es &#224; agir en faveur d'autres priorit&#233;s &#233;conomiques et sociales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;Les racines du mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-unitaire-structure&quot;&gt;Un mouvement unitaire structur&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Changer-la-loi-des-35h&quot;&gt;Changer la loi des 35h&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)); --&gt;&lt;/script&gt; &lt;p&gt;L'actuel mouvement qui donne des corps et des voix au ch&#244;mage n'est pas un ph&#233;nom&#232;ne de g&#233;n&#233;ration spontan&#233;e. C'est en marchant, en devenant les pi&#233;tons de la grand-route, que les ch&#244;meurs ont commenc&#233; &#224; exister et &#224; appara&#238;tre en tant que tels. Si ce mouvement a pu ainsi se d&#233;velopper, c'est qu'il a &#233;t&#233;, pendant plusieurs ann&#233;es, la composante importante d'un rassemblement plus large qui, &#224; pr&#233;sent, se regroupe derri&#232;re lui.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut faire remonter cette longue histoire &#224; mai 1994 : Agir contre le ch&#244;mage (AC !) organise alors des marches qui convergent de la province vers Paris. Pendant plusieurs semaines, des ch&#244;meurs vont sur les routes, traversent villes et villages, sont accueillis, discutent avec des syndicalistes, des militants associatifs. Vingt mille personnes se retrouvent &#224; la Bastille, et la manifestation se conclut par la r&#233;quisition d'un logement rue B&#233;ranger. C'est l&#224; que s'amorce un mouvement qui va s'amplifier au fil des mois.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En d&#233;cembre 1994, l'immeuble de la rue du Dragon, investi par Droit au logement (DAL) est occup&#233;, avec, pour la premi&#232;re fois, l'intervention des associations de ch&#244;meurs. Des ateliers fr&#233;quent&#233;s par les membres des associations de lutte, des syndicalistes, des chercheurs et des enseignants se mettent alors en place. Les questions partent des jeunes du Comit&#233; des sans-logis (CDSL) : comment vivre quand on ne trouve pas de travail et que l'on ne peut toucher le revenu minimum d'insertion (RMI) ? Pour les protagonistes de ces d&#233;bats, la seule certitude est qu'on ne peut abandonner &#224; l'Etat le soin de transformer le rapport entre travail et revenu. Depuis 1994, tous les mois de d&#233;cembre ont &#233;t&#233; ceux des actions d'&#233;clat : pour les allocataires des minima sociaux, la fi&#232;vre d'accumulation d'objets qui saisit une bonne partie de la population devient le comble de la provocation.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est en d&#233;cembre 1995, en plein milieu de la grande gr&#232;ve des cheminots, que se produit, &#224; l'initiative de Droits devant (DD), l'occupation de Beaubourg et le &#171; manifeste des Sans &#187;. Il s'agit d'une date importante. D'une part, les syndicats les plus actifs dans la gr&#232;ve sont tr&#232;s pr&#233;sents lors de la s&#233;ance pl&#233;ni&#232;re. D'autre part, le mode d'expression est nouveau : surgit en effet la notion de droits (civiques, politiques et sociaux) et son n&#233;gatif : sans droits, fin de droits, une notion qui finit par s'imposer comme th&#232;me dominant.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;A partir de l&#224;, ce qui n'&#233;tait encore qu'un embryon de mouvement, ne regroupant que quelques syndicalistes proches d'autres militants associatifs, va b&#233;n&#233;ficier du retentissement de l'action aupr&#232;s des salari&#233;s. Des initiatives partent tous azimuts : r&#233;quisition de logements par DAL et le CDSL, r&#233;quisition d'emplois (1) par AC !, le Mouvement national des ch&#244;meurs et pr&#233;caires (MNCP) et l'Association pour l'emploi, l'insertion et la solidarit&#233; (Apeis), actions pour obtenir la gratuit&#233; des transports en commun, interventions aupr&#232;s des salari&#233;s des grands services publics (EDF, GDF) pour &#233;viter les &#171; coupures &#187;, occupation de la Maison des &#171; ensemble &#187;, rue d'Aligre, en d&#233;cembre 1996.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En mai 1997, c'est l'occupation de la Banque de France, prise comme haut lieu symbolique du capitalisme financier.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Finalement re&#231;ues par les responsables de cette institution, les associations de ch&#244;meurs, la f&#233;d&#233;ration de la banque de la Conf&#233;d&#233;ration fran&#231;aise d&#233;mocratique du travail (CFDT) et celle des finances de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale du travail (CGT), le Syndicat national unifi&#233; des imp&#244;ts (SNUI), le groupe des Dix [&lt;a href='#nb2' class='spip_note' rel='footnote' title='Le groupe des Dix, qui s'est transform&#233; en janvier dernier en union (...)' id='nh2'&gt;2&lt;/a&gt;], DAL et DD revendiquent l'acc&#232;s aux droits financiers et posent la question du surendettement. Le 15 d&#233;cembre 1997, les militants des associations de lutte contre l'exclusion et la pr&#233;carit&#233; lancent, avec des syndicalistes, la semaine d'action &#171; Urgence sociale &#187;, qui d&#233;butera avec l'occupation de la Pyramide du Louvre et l'organisation de d&#233;bats dans la salle du Carrousel. Cette semaine s'ach&#232;vera avec l'&#171; appel du Louvre &#187;, sign&#233; par de nombreuses organisations demandant, entre autres, la revalorisation des minima sociaux et la prime de No&#235;l pour les ch&#244;meurs.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Tous ont &#233;galement rejoint les luttes des sans-papiers. Au sein de ce mouvement, activiste et volontariste, certaines personnes se consacrent plus particuli&#232;rement &#224; la question des droits et de leur condition d'exercice. De m&#234;me que le droit au logement est devenu une &#233;vidence qui l&#233;gitime les actions d'occupation aux yeux de la soci&#233;t&#233;, les marches contre le ch&#244;mage et autres actions de ce type ont fini par acqu&#233;rir une l&#233;gitimit&#233; et populariser une &#233;vidence : aucun m&#233;nage de trois personnes ne peut vivre avec 3 000 francs par mois. Quant aux occupations d'agences d'Assedic qui se produisent depuis quelques semaines, elles ont l'avantage de faire conna&#238;tre un endroit o&#249; tous ceux qui ne s'aventuraient pas dans les manifestations peuvent sortir de leur isolement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Gr&#226;ce aux actions des ch&#244;meurs, les questions de fond relatives aux revenus d'existence ont &#233;t&#233; pos&#233;es : malgr&#233; la cr&#233;ation du revenu minimum d'insertion (RMI) et l'augmentation globale du nombre de b&#233;n&#233;ficiaires, la part des d&#233;penses consacr&#233;es aux minima sociaux continue de repr&#233;senter 1% du produit int&#233;rieur brut (PIB) depuis 1982. Les montants des minima se situent donc, au mieux, entre 30% et 40% du revenu disponible moyen, au pis entre 20% et 30%, c'est-&#224;-dire nettement moins que le seuil de pauvret&#233; - et ce quelle qu'en soit la d&#233;finition retenue (50% du revenu moyen pour la Communaut&#233; europ&#233;enne ou 50% du revenu m&#233;dian pour l'Insee).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Alors que le niveau de vie moyen de l'ensemble des m&#233;nages a augment&#233; de plus de 15% depuis 1982, les minima vers&#233;s permettent &#224; peine de maintenir le pouvoir d'achat, et certains allocataires ont vu le leur diminuer de 10% pour l'action sp&#233;cifique de solidarit&#233; (ASS, vers&#233;e aux ch&#244;meurs en fin de droit) et de 20% pour l'allocation d'insertion (AI, vers&#233;e aux parents isol&#233;s et aux r&#233;fugi&#233;s politiques, et qui a &#233;t&#233; supprim&#233;e pour les jeunes de moins de vingt-cinq ans).&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement des ch&#244;meurs s'inscrit cependant dans une probl&#233;matique plus large que la seule revalorisation des minima sociaux. D&#233;non&#231;ant les in&#233;galit&#233;s, il est &#233;galement porteur de revendications sur une utilisation plus d&#233;mocratique de l'outil fiscal : seuls 15% des revenus financiers sont tax&#233;s, alors qu'aucun revenu du travail ou revenu de remplacement n'&#233;chappe &#224; l'imp&#244;t ; la pr&#233;carit&#233; et le travail &#224; temps partiel ne garantissent &#224; leurs titulaires que de tr&#232;s bas revenus, parfois inf&#233;rieurs aux minima sociaux. C'est aussi contre ces formes d'emploi que se mobilisent ch&#244;meurs et salari&#233;s. Un rapport du Commissariat au Plan estime que sept millions de personnes seraient touch&#233;es par le ch&#244;mage ou victimes des ravages engendr&#233;s par les relations salariales n&#233;es de la politique &#233;conomique actuellement suivie par la majorit&#233; des gouvernements europ&#233;ens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement des ch&#244;meurs fran&#231;ais est aussi enserr&#233; dans un ensemble qui regroupe les diff&#233;rents pays de l'Union europ&#233;enne. Il r&#233;unit tous ceux qui vivent des revenus de leur travail et qui luttent pour mettre au coeur de la construction communautaire la question de la pr&#233;carit&#233; et une nouvelle relation au travail salari&#233;. Car les emplois &#224; temps partiel non choisi (encore appel&#233;s sous-emplois), ou &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e, ou aid&#233;s, ou en alternance, etc., sont autant de formes de ch&#244;mage partiel, autant de zones d'ombre non comptabilis&#233;es, dans les statistiques europ&#233;ennes. En 1993 (derniers chiffres connus), 57 millions d'Europ&#233;ens &#233;taient &#171; pauvres &#187;, dont 35% d'actifs ayant un emploi.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Les marches europ&#233;ennes &lt;i&gt;&#171; contre le ch&#244;mage, la pr&#233;carit&#233; et l'exclusion &#187;&lt;/i&gt; ont soulign&#233; ce lien entre des situations voisines. Marcher &#224; travers l'Europe est en effet devenu le mode d'expression choisi par plusieurs milliers de ch&#244;meurs et pr&#233;caires qui, en avril 1997, ont commenc&#233; &#224; traverser villes et campagnes, en Italie, Espagne, France, Gr&#232;ce, Royaume-Uni, etc. Marcher, c'est une mani&#232;re d'&#234;tre solidaires, de d&#233;couvrir des lieux, de faire des rencontres et aussi d'affirmer le refus d'un pr&#233;sent qui voudrait s'imposer comme futur. Marcher, c'est encore une mani&#232;re de prouver qu'il y a encore une histoire, que l'on peut modifier le cours des choses ; c'est rendre visible la lutte contre la pr&#233;carit&#233; de la vie ; c'est se montrer ensemble pour affirmer ses droits.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le mouvement est parti de Florence en juin 1996, quand se sont rencontr&#233;s des responsables d'associations et de syndicats de plusieurs pays europ&#233;ens. Les militants voulaient, en Toscane comme plus tard &#224; Bruxelles, enclencher un mouvement europ&#233;en. Il n'y a pas de mod&#232;le g&#233;n&#233;rique pour l'organisation des marches, mais des configurations particuli&#232;res d&#233;pendantes des histoires nationales et refl&#233;tant, dans chaque pays, l'&#233;tat des mouvements de r&#233;sistance &#224; la politique commune des gouvernements europ&#233;ens.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En France, l'organisation des marches europ&#233;ennes est atypique, o&#249; l'on voit c&#244;te &#224; c&#244;te des responsables nationaux de syndicats et des associations de lutte. En Italie, les mouvements de ch&#244;meurs et de pr&#233;caires se sont structur&#233;s au niveau local ; les deux grandes centrales syndicales ont propos&#233; leurs services pour la mise en place des marches, mais n'&#233;taient pas pr&#233;sentes lors de leur d&#233;roulement [&lt;a href='#nb3' class='spip_note' rel='footnote' title='Sauf la FIOM (f&#233;d&#233;ration de la m&#233;tallurgie de la CGIL), qui s'est engag&#233;e &#224; (...)' id='nh3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Toutefois, les &#171; sincobas &#187; (syndicats intercat&#233;goriels qui repr&#233;sentent une minorit&#233; importante de la Conf&#233;d&#233;ration g&#233;n&#233;rale italienne du travail (CGIL) participent activement au mouvement tant sur le plan national que sur le plan local, et tout particuli&#232;rement &#224; Turin. En Espagne, o&#249; les diverses &#171; r&#233;formes &#187; du code du travail, sign&#233;es par les deux grandes centrales syndicales, ont accentu&#233; la pr&#233;carit&#233; de l'emploi et r&#233;duit son co&#251;t, les marches ont rassembl&#233; de tr&#232;s nombreuses organisations et associations regroup&#233;es r&#233;gionalement ou localement. Elles ont d&#233;but&#233; le 14 avril 1997, jour anniversaire de la R&#233;publique espagnole.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;En Belgique, 80% des ch&#244;meurs sont regroup&#233;s dans les organisations syndicales, car ce sont elles qui effectuent le paiement des indemnit&#233;s de ch&#244;mage. Les revendications d'autonomie des ch&#244;meurs y provoquent des tensions, mais aussi des d&#233;bats sur la d&#233;mocratie syndicale. Par ailleurs, de nombreuses associations se d&#233;ploient sur le champ de l'&#171; infirmerie sociale &#187;. L&#224;, comme en Allemagne, se pr&#233;cise la menace du &lt;i&gt;workfare&lt;/i&gt; (l'obligation pour les ch&#244;meurs de longue dur&#233;e d'accepter n'importe quel emploi, de pr&#233;f&#233;rence &#224; temps partiel et sous-pay&#233;). C'est l'id&#233;e que sous-tend un projet de loi d&#233;pos&#233; par le gouvernement belge. Aux Pays-Bas, comme en Espagne, c'est l'emploi &#224; temps &#171; tr&#232;s partiel &#187; et &#224; dur&#233;e &#171; tr&#232;s d&#233;termin&#233;e &#187; qui constitue le point le plus noir : on sait que m&#234;me l'Organisation de coop&#233;ration et de d&#233;veloppement &#233;conomiques (OCDE) a corrig&#233; le chiffre du ch&#244;mage aux Pays-Bas pour le faire passer du tr&#232;s officiel 5,3% au plus vraisemblable 20% [&lt;a href='#nb4' class='spip_note' rel='footnote' title='Lire l'enqu&#234;te de Dominique Vidal, &#171; Pays-Bas, miracle ou mirage ? &#187;, Le Monde (...)' id='nh4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Les minorit&#233;s syndicales n&#233;erlandaises qui soutiennent les marches avancent le chiffre de un million de pauvres auxquels les services publics de l'&#233;ducation et de la sant&#233; deviendraient inaccessibles.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;L&#224; bas, comme en Belgique, l'opposition des syndicats aux marches est moins homog&#232;ne, et des discussions se glissent dans les interstices du consensus sur la politique nationale. Les &#171; pi&#233;tons de la grand-route &#187; se sont rendus visibles, et avec eux les probl&#232;mes sociaux actuels. Ce qui, il y a quelques ann&#233;es, quand les ch&#244;meurs anglais ont commenc&#233; leurs marches, relay&#233;s plus tard par les militants d'Agir contre le ch&#244;mage, n'&#233;tait qu'un brouhaha entendu par quelques oreilles s&#233;lectives, devient une rumeur qui s'amplifie et, petit &#224; petit, s'&#233;taie de connaissances.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&#171; Combien sommes-nous ? &#187; interrogeaient les jeunes du Comit&#233; des sans-logis il y a quatre ans. Le d&#233;nombrement statistique proc&#232;de toujours un peu de la m&#234;me mani&#232;re, et il faut beaucoup de temps pour que l'Etat commence &#224; compter ceux qui sont aux marges, sans revenus, sans logement. A c&#244;t&#233; de la question de l'acc&#232;s aux droits civiques et sociaux, c'est aussi celle de la r&#233;alit&#233; de l'existence de milliers de personnes qui est ainsi ni&#233;e, puisque ce qui peut les qualifier pour permettre de les prendre en compte n'appara&#238;t nulle part. Des recherches institutionnelles commencent &#224; s'effectuer dans divers pays, mais tant que les institutions europ&#233;ennes n'auront pas mis en place un v&#233;ritable appareillage statistique commun &#224; l'ensemble des Quinze, il demeurera toujours aussi difficile de se livrer &#224; des comparaisons pr&#233;cises entre nations.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Mettre en relation les diff&#233;rents revenus des ch&#244;meurs ou de ceux qui n'occupent que des emplois pr&#233;caires est extr&#234;mement complexe : on compte huit minima sociaux diff&#233;rents en France, chacun avec ses aides sp&#233;cifiques (comme, par exemple, les aides au logement) qui, selon les cas, se soustraient ou s'ajoutent. Pour un seul pays, cela produit d&#233;j&#224; un v&#233;ritable maquis - le Commissariat au Plan parle d' &lt;i&gt;&#171; incoh&#233;rence &#187;&lt;/i&gt;. Devant le d&#233;dale des prestations propres &#224; chaque pays, on abandonne vite l'id&#233;e d'une comparaison europ&#233;enne qui soit pertinente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Le bilan des marches d&#233;passe les centaines de kilom&#232;tres parcourus, les milliers de personnes rencontr&#233;es. Les marcheurs ont aussi modifi&#233; les comportements traditionnels des syndicats, marqu&#233; des points dans la prise en compte du ch&#244;mage et de la pr&#233;carit&#233;, contribu&#233; &#224; faire &#233;voluer le d&#233;bat politique des pays de la Communaut&#233; - m&#234;me les institutions europ&#233;ennes les inscrivent &#224; pr&#233;sent dans leur programme de recherches. Les marches ont donn&#233; forme &#224; des revendications &#233;parses sur le territoire de l'Union europ&#233;enne. Tel le choeur qui manifeste la &lt;i&gt;vox populi&lt;/i&gt;, elles ont fait grandir la critique des priorit&#233;s renvers&#233;es de la construction europ&#233;enne : le choix du &#171; tout mon&#233;taire &#187; plut&#244;t que celui de l'emploi. S'il y a, dans ce concert, quelques dissonances sur l'appr&#233;ciation du processus en cours, il y a, surtout, en commun, le souci d'exprimer une exigence sociale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2' id='nb2' class='spip_note' title='Notes 2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; Le groupe des Dix, qui s'est transform&#233; en janvier dernier en union syndicale, compte parmi ses membres de nombreux syndicats SUD (Solidaires, unitaires, d&#233;mocratiques), le Syndicat national des journalistes, le Syndicat national unifi&#233; des imp&#244;ts.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh3' id='nb3' class='spip_note' title='Notes 3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; Sauf la FIOM (f&#233;d&#233;ration de la m&#233;tallurgie de la CGIL), qui s'est engag&#233;e &#224; leur c&#244;t&#233; en tant que f&#233;d&#233;ration nationale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh4' id='nb4' class='spip_note' title='Notes 4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; Lire l'enqu&#234;te de Dominique Vidal, &#171; Pays-Bas, miracle ou mirage ? &#187;, &lt;i&gt;Le Monde diplomatique&lt;/i&gt;, juillet 1997.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans le &lt;a href='http://www.monde-diplomatique.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Monde Diplomatique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, f&#233;vrier 1998.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Pour des salaires minimaux en Europe</title>
		<link>http://www.preavis.net/breche-numerique/article226.html</link>
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		<dc:date>2005-09-18T23:32:16Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>HUSSON Michel</dc:creator>


		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>

		<description>Pourquoi pas un salaire minimum europ&#233;en ? Dans un d&#233;bat sur FR3, Fran&#231;ois Bayrou a balay&#233; cette id&#233;e en disant qu'elle &#233;tait irr&#233;alisable &#224; cause des diff&#233;rences de salaires entre les diff&#233;rents pays. Grande d&#233;couverte ! C'est &#224; ce genre de remarques de bon sens que l'on mesure l'ignorance et l'absence d'imagination des europ&#233;ens &#171; sociaux &#187;. La r&#233;ponse &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article226.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique98.html" rel="directory"&gt;Politis&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot90.html" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;Les racines du mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-unitaire-structure&quot;&gt;Un mouvement unitaire structur&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Changer-la-loi-des-35h&quot;&gt;Changer la loi des 35h&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)); --&gt;&lt;/script&gt; &lt;p&gt;Pourquoi pas un salaire minimum europ&#233;en ? Dans un d&#233;bat sur FR3, Fran&#231;ois Bayrou a balay&#233; cette id&#233;e en disant qu'elle &#233;tait irr&#233;alisable &#224; cause des diff&#233;rences de salaires entre les diff&#233;rents pays. Grande d&#233;couverte ! C'est &#224; ce genre de remarques de bon sens que l'on mesure l'ignorance et l'absence d'imagination des europ&#233;ens &#171; sociaux &#187;. La r&#233;ponse &#224; cette objection est tellement &#233;vidente que m&#234;me Strauss-Kahn en a eu l'id&#233;e en avan&#231;ant l'ann&#233;e derni&#232;re le principe d'un &#171; revenu minimum europ&#233;en dont le niveau serait calcul&#233; dans chaque Etat membre en fonction du revenu moyen de cet Etat &#187; [&lt;a href='#nb2-1' class='spip_note' rel='footnote' title='Construire l'Europe politique. 50 propositions pour l'Europe de demain. (...)' id='nh2-1'&gt;1&lt;/a&gt;].&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Ce m&#234;me principe pourrait &#234;tre appliqu&#233; au salaire minimum et permettrait de r&#233;soudre la quadrature du cercle de l'harmonisation, en &#233;tablissant une r&#232;gle commune et en m&#234;me temps adapt&#233;e &#224; des r&#233;alit&#233;s &#233;conomiques certes tr&#232;s diff&#233;renci&#233;es. Il donnerait un contenu concret &#224; ce droit &#224; une &#171; r&#233;mun&#233;ration d&#233;cente &#187; depuis longtemps &#233;nonc&#233;, par exemple par la Convention n&#176;131 de l'OIT, qui date de 1970. D&#232;s 1961, l'article 4 de la Charte sociale europ&#233;enne affirmait que &#171; tous les travailleurs ont droit &#224; une r&#233;mun&#233;ration &#233;quitable leur assurant, ainsi qu'&#224; leurs familles, un niveau de vie satisfaisant &#187; [&lt;a href='#nb2-2' class='spip_note' rel='footnote' title='http://ecocritique.free.fr/chaturin.pdf' id='nh2-2'&gt;2&lt;/a&gt;]. La Charte sociale de l'UE de 1989 (celle que Delors n'a pas r&#233;ussi &#224; incorporer au trait&#233; de Maastricht) stipule dans son titre 1er que tous les travailleurs doivent recevoir une &#171; r&#233;mun&#233;ration suffisante pour leur permettre d'avoir un niveau de vie d&#233;cent &#187;, proportionn&#233;e aux donn&#233;es propres &#224; chaque pays.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La Commission europ&#233;enne elle-m&#234;me invitait, dans un avis de 1993, les Etats membres &#224; prendre des mesures appropri&#233;es permettant de garantir le droit &#224; un salaire d&#233;cent. La m&#234;me ann&#233;e, le &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/mot961.html' name='mot961_0' class='cs_glossaire'&gt;&lt;span class='gl_mot'&gt;Parlement europ&#233;en&lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;gl_js&quot; title=&quot;Parlement europ&#233;en&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class=&quot;gl_jst&quot; title=&quot;Seule institution europ&#233;enne d&#233;mocratique, &#233;lue au suffrage universel. Repr&#233;sente 375 millions de citoyens europ&#233;ens. Ses pouvoirs sont encadr&#233;s, mais r&#233;els : co-l&#233;gislateur &#224; &#233;galit&#233; avec le Conseil de (...)&quot;&gt; &lt;/span&gt;&lt;/a&gt; se pronon&#231;ait lui aussi en faveur de m&#233;canismes permettant de fixer des salaires minimaux l&#233;gaux en fonction du salaire moyen de chaque pays.
Ce droit &#224; un revenu d&#233;cent a totalement disparu de la Charte des droits fondamentaux, et donc du projet de Trait&#233; constitutionnel, sous pr&#233;texte sans doute que les r&#233;mun&#233;rations ne font pas partie des comp&#233;tences de l'Union. Cet &#171; oubli &#187; renvoie surtout &#224; la clause &#171; &#224; l'exclusion de toute harmonisation &#187; plusieurs fois rappel&#233;e. Il s'agit donc l&#224; d'un changement total de m&#233;thode, qui constitue un recul par rapport aux (bonnes) intentions formul&#233;es il y a une dizaine d'ann&#233;es. L'urgence est pourtant criante : en 2001, 15 % de la population de l'UE &#233;tait menac&#233;e par la pauvret&#233;, c'est-&#224;-dire qu'elle vivait dans un m&#233;nage ayant un revenu disponible inf&#233;rieur &#224; 60 % du revenu m&#233;dian du pays [&lt;a href='#nb2-3' class='spip_note' rel='footnote' title='&#171; Pauvret&#233; et exclusion sociale dans l'UE &#187;, Eurostat, Statistiques en bref (...)' id='nh2-3'&gt;3&lt;/a&gt;]. Et c'est encore plus vrai avec l'entr&#233;e de nouveaux pays &#224; bas revenus : l'indexation des salaires minimaux sur les revenus moyens est une mesure indispensable si l'on veut r&#233;ellement freiner le &#171; dumping social &#187; et enclencher une harmonisation par le haut.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;On peut imaginer un syst&#232;me articul&#233; d'indexation, qui pourrait par exemple &#234;tre formul&#233; ainsi : un salaire minimum &#233;gal &#224; 50 % du PIB par t&#234;te, et un revenu minimum &#233;gal &#224; 75 % de ce salaire minimum. Un tel syst&#232;me renverserait la logique de la d&#233;gringolade lib&#233;rale, o&#249; l'aust&#233;rit&#233; salariale se r&#233;percute en cascade sur les bas salaires et sur les revenus sociaux. En outre, l'indexation au PIB par t&#234;te &#233;quivaut &#224; une indexation sur la productivit&#233; qui garantirait la progression des bas revenus et pousserait vers le haut l'ensemble des salaires, ce qui, soit dit en passant, soutiendrait la demande et l'emploi. Ce principe g&#233;n&#233;ral pourrait &#233;videmment &#234;tre appliqu&#233; selon des modalit&#233;s diversifi&#233;es, combinant un salaire minimum l&#233;gal interprofessionnel et des minima conventionnels de branche.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;C'est sur ce type de propositions que r&#233;fl&#233;chissent depuis longtemps les Marches europ&#233;ennes [&lt;a href='#nb2-4' class='spip_note' rel='footnote' title='http://www.euromarches.org/francais/04/0319_5h.htm' id='nh2-4'&gt;4&lt;/a&gt;]. Plus r&#233;cemment, un r&#233;seau de chercheurs allemands, fran&#231;ais et suisses, proches du mouvement syndical, ont &#233;labor&#233; des &#171; th&#232;ses pour une politique europ&#233;enne des salaires minimaux &#187; [&lt;a href='#nb2-5' class='spip_note' rel='footnote' title='http://hussonet.free.fr/thesemin.pdf' id='nh2-5'&gt;5&lt;/a&gt;]. Ces contributions montrent que le probl&#232;me ne r&#233;side pas dans la pr&#233;tendue absence d'alternatives mais renvoie plut&#244;t &#224; certaine tentative de les rendre anti-constitutionnelles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2-1' id='nb2-1' class='spip_note' title='Notes 2-1' rev='footnote'&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; &lt;i&gt;Construire l'Europe politique. 50 propositions pour l'Europe de demain.&lt;/i&gt; &lt;br&gt; &lt;a href='http://www.gauche-en-europe.org/doc_lib_agee/construireleuropepolitique.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.gauche-en-europe.org/doc_lib_agee/construireleuropepolitique.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2-2' id='nb2-2' class='spip_note' title='Notes 2-2' rev='footnote'&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://ecocritique.free.fr/chaturin.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;http://ecocritique.free.fr/chaturin.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2-3' id='nb2-3' class='spip_note' title='Notes 2-3' rev='footnote'&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; &#171; Pauvret&#233; et exclusion sociale dans l'UE &#187;, Eurostat, &lt;i&gt;Statistiques en bref&lt;/i&gt; n&#176;16, 2004. &lt;br&gt; &lt;a href='http://hussonet.free.fr/europauv.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;http://hussonet.free.fr/europauv.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2-4' id='nb2-4' class='spip_note' title='Notes 2-4' rev='footnote'&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://www.euromarches.org/francais/04/0319_5h.htm' class='spip_out' rel='external'&gt;http://www.euromarches.org/francais/04/0319_5h.htm&lt;/a&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;span class=&quot;csfoo htmla&quot;&gt;&lt;/span&gt;[&lt;a href='#nh2-5' id='nb2-5' class='spip_note' title='Notes 2-5' rev='footnote'&gt;5&lt;/a&gt;] &lt;span class=&quot;csfoo htmlb&quot;&gt;&lt;/span&gt; &lt;a href='http://hussonet.free.fr/thesemin.pdf' class='spip_out' rel='external'&gt;http://hussonet.free.fr/thesemin.pdf&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Article paru dans &lt;a href='http://www.politis.fr/' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Politis&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; n&#176;850, &#233;dition du 5 mai 2005.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>1997-2001 : la plus fabuleuse p&#233;riode de cr&#233;ations d'emplois du si&#232;cle !</title>
		<link>http://www.preavis.net/breche-numerique/article164.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://www.preavis.net/breche-numerique/article164.html</guid>
		<dc:date>2005-04-09T01:06:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>HUSSON Michel</dc:creator>


		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>

		<description>R&#233;sum&#233; des chapitres pr&#233;c&#233;dents : apr&#232;s une premi&#232;re explication du ch&#244;mage li&#233; &#224; la croissance de la productivit&#233; (Rocard-Larrouturou), nous sommes pass&#233;s &#224; une deuxi&#232;me explication par le refus d'int&#233;grer les demandeurs d'emploi non qualifi&#233;s (Pierre Cahuc), ne remettant pas en cause les gains de productivit&#233;, mais soulignant que le ch&#244;mage &#233;tait un moyen &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article164.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique383.html" rel="directory"&gt;Charlie Hebdo&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot90.html" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;R&#233;sum&#233; des chapitres pr&#233;c&#233;dents : apr&#232;s une premi&#232;re explication du ch&#244;mage li&#233; &#224; la croissance de la productivit&#233; (Rocard-Larrouturou), nous sommes pass&#233;s &#224; une deuxi&#232;me explication par le refus d'int&#233;grer les demandeurs d'emploi non qualifi&#233;s (Pierre Cahuc), ne remettant pas en cause les gains de productivit&#233;, mais soulignant que le ch&#244;mage &#233;tait un moyen de r&#233;soudre le partage salaires-profits en faveur des riches. Troisi&#232;me &#233;tape : le ch&#244;mage est li&#233; &#224; un partage d&#233;favorable du revenu en faveur des salari&#233;s qui favorise la &#171; financiarisation de l'&#233;conomie &#187;. Seules des politiques antilib&#233;rales peuvent cr&#233;er des emplois, parmi lesquelles la RTT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;Les racines du mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-unitaire-structure&quot;&gt;Un mouvement unitaire structur&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Changer-la-loi-des-35h&quot;&gt;Changer la loi des 35h&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Charlie Hebdo : Donc, Michel Husson, pourquoi le ch&#244;mage ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; Pourquoi &#231;a dure ? J'ai envie de faire une r&#233;ponse machiav&#233;lique : parce que &#231;a fait du bien &#224; certains. Le ch&#244;mage durable modifie le rapport de force salari&#233;s employeurs. Il faut revenir &#224; la notion tr&#232;s lib&#233;rale de &#171; ch&#244;mage d'&#233;quilibre &#187;, le ch&#244;mage minimal, pour que n'apparaisse pas l'inflation. Id&#233;e simple et efficace : le ch&#244;mage tue la pression sur les salaires, donc tue la pression sur les prix.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Pourquoi &#171; lib&#233;rale &#187; ? Les lib&#233;raux ne pensent-ils pas
que la flexibilit&#233; abolit le ch&#244;mage ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; II y a une certaine schizophr&#233;nie chez les lib&#233;raux. Ils veulent abaisser le taux de ch&#244;mage, et en m&#234;me temps glapissent : &#171; &lt;i&gt;II ne faut surtout pas descendre en dessous de 9 % !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;9 %, le chiffre para&#238;t bien pr&#233;cis&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Je renvoie &#224; une note de la DP (Direction de la pr&#233;vision et de l'analyse &#233;conomique, direction du Minefi, qui pr&#233;pare avec les services du Premier ministre les cadrages macro&#233;conomiques &#8212; budget, croissance&#8230; &#8212; de la France) faisant une projection &#224; quarante ans et parlant du &#171; consensus &#187; chez les &#233;conomistes pour accepter un ch&#244;mage de 9 %.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Quelle nouveaut&#233; introduit le ch&#244;mage dans le rapport
salari&#233;s-capitalistes ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; La grande nouveaut&#233;, c'est que les gains de productivit&#233; ne sont plus redistribu&#233;s aux salari&#233;s. Cette captation a une contrepartie : la financiarisation de l'&#233;conomie. Concr&#232;tement : la part des salaires diminue, la part des profits augmente, mais l'investissement ne bouge pas. Autrement dit, le &#171; Th&#233;or&#232;me de Schmidt &#187; (les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain, qui sont les emplois d'apr&#232;s-demain) est la plus grande sornette qu'on puisse imaginer. Les gains de productivit&#233; passent directement dans les revenus financiers.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La finance capte la hausse de valeur ajout&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Oui.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Et cette hausse n'est pas r&#233;inject&#233;e dans l'&#233;conomie ?&lt;/strong&gt; &lt;br /&gt;
&lt;blockquote class=&quot;spip_poesie&quot;&gt;
&lt;div&gt;(Regard oblique de Michel Husson, qui se demande s'il a affaire &#224; un cr&#233;tin, un ignorant, ou peut-&#234;tre un simple gogol)&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; II y a un petit myst&#232;re statistique. Le revenu disponible des m&#233;nages (le pouvoir d'achat) augmente moins vite que le PIB. Or la consommation des m&#233;nages augmente comme le PIB. Il y a donc une diff&#233;rence de conso qui ne vient pas des salaires. Elle vient des riches non salari&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Elle ne tire pas l'emploi ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Non. C'est pourquoi les politiques de baisses d'imp&#244;t, qui ne profitent qu'aux riches, sont inefficaces.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Comment cr&#233;er des emplois, alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Eh bien, parlons de la p&#233;riode 1997-2001. C'est une p&#233;riode extraordinaire pour la cr&#233;ation d'emplois. On a cr&#233;&#233; 2 millions d'emplois, tous secteurs confondus. Autant d'emplois cr&#233;&#233;s que dans les vingt-cinq ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes ! Au XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, on n'a jamais vu une p&#233;riode o&#249; l'on ait cr&#233;&#233; autant d'emplois. Tous les &#233;conomistes devraient scruter cette p&#233;riode.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Comment expliquent-ils ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Premi&#232;re explication, les lib&#233;raux : &#171; &lt;i&gt;On a obtenu &#231;a gr&#226;ce aux baisses de charges. Les politiques de baisses de charges commencent en 1993. C'est un effet diff&#233;r&#233; de ces politiques.&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse : c'est absurde. La RTT a fait &#233;norm&#233;ment augmenter le co&#251;t du travail. Donc, l'explication n'est pas dans le co&#251;t du travail, m&#234;me diff&#233;r&#233;. Deuxi&#232;me explication : c'est la non-application des pr&#233;ceptes lib&#233;raux qui a dop&#233; l'emploi. Primo : sur cette p&#233;riode, la valeur de la monnaie a baiss&#233;, ce qui a dop&#233; les exportations. Secundo : les politiques budg&#233;taires ont &#233;t&#233; antilib&#233;rales &#233;galement. Les lib&#233;raux disent : &#171; &lt;i&gt;Assainissons les finances publiques, apr&#232;s &#231;a ira mieux.&lt;/i&gt; &#187; L&#224;, on a fait le contraire : on a fait de la croissance, et les finances publiques ont &#233;t&#233; assainies.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La fameuse &#171; cagnotte &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Exactement. L'effet cagnotte. La divine surprise des rentr&#233;es fiscales. C'est la premi&#232;re fois qu'on voit un ministre du Budget dissimuler des rentr&#233;es fiscales. &lt;br /&gt;
Enfin, tertio : toujours pendant cette p&#233;riode, la part des salaires a cess&#233; de baisser. J'ajoute que tout ceci s'est pass&#233; &#224; l'insu des socialistes, qui n'ont rien vu. Il y a un quatri&#232;me pr&#233;cepte lib&#233;ral pulv&#233;ris&#233; par cette p&#233;riode : &#171; &lt;i&gt;On ne peut cr&#233;er des emplois que s'ils sont pr&#233;caires et flexibles.&lt;/i&gt; &#187; Or, de 1997 &#224; 2001, on a stopp&#233; la pr&#233;carit&#233;. Certes, l'int&#233;rim s'est d&#233;velopp&#233;. Mais le temps partiel des femmes a cess&#233; de progresser. Dans les 2 millions d'emplois cr&#233;&#233;s, les trois quarts sont des CDI ! On est compl&#232;tement &#224; l'oppos&#233; de l'id&#233;e qu'il faut flexibiliser.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;La RTT va dans le sens d'un partage des gains de productivit&#233; en faveur des salari&#233;s ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Oui. Si on raisonne sur le XXe si&#232;cle, on est pass&#233; d'un plein temps &#224; un mi-temps avec une utilisation normale des gains de productivit&#233;. La croissance moyenne de la productivit&#233; sur le si&#232;cle &#233;tait de 2 %, et celle des Trente Glorieuses de 5 % ! On ne peut pas dire que les Trente Glorieuses &#233;taient une p&#233;riode de ch&#244;mage !&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;Pourtant, la RTT a cr&#233;&#233; peu d'emplois&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; Prenons le probl&#232;me &#224; l'envers. Lors de sa mise en place, la DARES avait simul&#233; la cr&#233;ation de 1 million &#224; 1,5 million d'emplois. Pourtant, il n'y en a eu que 350 000. Pourquoi ? 1) La RTT n'a pas &#233;t&#233; g&#233;n&#233;ralis&#233;e &#8212; les PME y ont &#233;chapp&#233;, par exemple. 2) Dans le secteur public, elle n'a pas &#233;t&#233; accompagn&#233;e de cr&#233;ations d'emplois. 3) Elle n'a pas &#233;t&#233; financ&#233;e en faisant bouger la r&#233;partition des revenus. Une bonne RTT aurait d&#251; pressurer la finance.&lt;/p&gt; &lt;ul class=&quot;spip&quot;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;N'y aurait-il pas une politique sp&#233;cifique pour l'emploi non qualifi&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;M.H. :&lt;/strong&gt; La baisse de la TVA dans les h&#244;tels-restaurants ne cr&#233;era pas un emploi. Elle partira dans les marges ou les salaires de ceux qui sont d&#233;j&#224; employ&#233;s. Quant aux baisses de cotisations&#8230; c'est une v&#233;ritable arnaque. Quinze ans qu'on fait &#231;a, et on voit le r&#233;sultat. La politique pour moi la plus valable reste la RTT.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Propos recueillis par Oncle Bernard. &lt;br /&gt;
Entretien paru dans &lt;i&gt;Charlie Hebdo&lt;/i&gt;, n&#176; 624, &#233;dition du 2 juin 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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	</item>
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		<title>Pourquoi le ch&#244;mage de masse depuis 20 ans ?</title>
		<link>http://www.preavis.net/breche-numerique/article154.html</link>
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		<dc:date>2005-03-28T22:53:40Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>HUSSON Michel</dc:creator>


		<dc:subject>ch&#244;mage</dc:subject>

		<description>La retranscription manuscrite &lt;br /&gt;Pascale Fourier : Comment expliquer &#233;galement que, malgr&#233; la forte progression du ch&#244;mage, la production a continu&#233; d'augmenter, faisant cro&#238;tre ainsi la richesse globale du pays par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente de plein-emploi ? &lt;br /&gt;Michel Husson : On peut remarquer deux diff&#233;rences lorsque l'on compare la p&#233;riode des &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/article154.html' class='spip_in pts_suite'&gt; (&#8230;)&lt;/a&gt;


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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/rubrique247.html" rel="directory"&gt;Podcasting&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://www.preavis.net/breche-numerique/mot90.html" rel="tag"&gt;ch&#244;mage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&quot;encart&quot; rel='&lt;div id=&quot;tdm&quot; class=&quot;divers&quot;&gt; &lt;h2 class=&quot;menu-titre&quot;&gt;Table des mati&#232;res&lt;/h2&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Les-racines-du-mouvement-des-chomeurs&quot;&gt;Les racines du mouvement des ch&#244;meurs&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-qui-se-construit-depuis-des-annees&quot;&gt;Un mouvement qui se construit depuis des ann&#233;es&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Decembre-a-mars-3-mois-de-mobilisations&quot;&gt;D&#233;cembre &#224; mars, 3 mois de mobilisations&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Deja-de-nombreuses-lecons&quot;&gt;D&#233;j&#224;, de nombreuses le&#231;ons&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Un-mouvement-unitaire-structure&quot;&gt;Un mouvement unitaire structur&#233;&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#Changer-la-loi-des-35h&quot;&gt;Changer la loi des 35h&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#La-retranscription-manuscrite&quot;&gt;La retranscription manuscrite&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;&lt;li&gt;&lt;a href=&quot;#L-emission-radiophonique-au-format-mp3&quot;&gt;L&amp;#39;&#233;mission radiophonique (au format mp3)&lt;/a&gt;&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt;
&lt;/div&gt;'&gt;&lt;/div&gt;&lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- $(&quot;div.encart&quot;).html($(&quot;div.encart&quot;).attr(&quot;rel&quot;)); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;La-retranscription-manuscrite&quot;&gt;&lt;/a&gt; La retranscription manuscrite &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Comment expliquer &#233;galement que, malgr&#233; la forte progression du ch&#244;mage, la production a continu&#233; d'augmenter, faisant cro&#238;tre ainsi la richesse globale du pays par rapport &#224; la p&#233;riode pr&#233;c&#233;dente de plein-emploi ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; On peut remarquer deux diff&#233;rences lorsque l'on compare la p&#233;riode des ann&#233;es 60, o&#249; il y avait un quasi plein-emploi, avec la p&#233;riode de ch&#244;mage de ces derni&#232;res ann&#233;es. &lt;br /&gt;
La premi&#232;re diff&#233;rence paradoxale est la progression rapide des gains de productivit&#233; dans les ann&#233;es 60 sans mont&#233;e du ch&#244;mage. En effet, la forte croissance s'est traduite notamment par une importante automatisation des cha&#238;nes de production. Cela a entra&#238;n&#233; une r&#233;duction du nombre d'ouvriers pour une m&#234;me production de biens. Mais le ch&#244;mage n'a pas augment&#233; pour autant. On constate alors que s'il y avait un lien direct entre ch&#244;mage et progr&#232;s technique, il aurait d&#251; y avoir un ch&#244;mage cent fois plus important vue l'augmentation des gains de productivit&#233; dans ces ann&#233;es-l&#224;. Or, cela n'a pas &#233;t&#233; le cas. La th&#232;se visant &#224; faire porter les raisons du ch&#244;mage sur le progr&#232;s technique n'est donc pas valide. On voit donc le paradoxe qui existe avec les ann&#233;es 80 puisque le ch&#244;mage s'est mis &#224; monter alors que le progr&#232;s technique et les gains de productivit&#233; progressaient moins vite que pendant les ann&#233;es 60. Tout cela d&#233;pend surtout de la fa&#231;on dont les gains de productivit&#233; sont r&#233;partis ou utilis&#233;s. &lt;br /&gt;
L'autre diff&#233;rence est la r&#233;duction du temps de travail sous des formes socialement r&#233;gressives. En effet, la croissance ayant continu&#233; de se d&#233;velopper, on est pass&#233; &#224; une r&#233;duction du temps de travail pour ne pas se trouver en situation de surproduction. Mais cette r&#233;duction du temps de travail a un caract&#232;re r&#233;gressif et le ch&#244;mage en est une forme limite. Il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; par des proc&#233;dures compliqu&#233;es que 10 % de la soci&#233;t&#233; serait inemployable, exclue de l'emploi quasiment par d&#233;finition. De nombreuses situations de demi-emploi vont alors &#234;tre cr&#233;&#233;es. On va imposer des temps partiels aux femmes, des situations difficiles aux jeunes avec des contrats &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e ou par intermittence. Toutes ces situations qui consistent &#224; baisser le temps de travail sous des formes socialement r&#233;gressives vont &#234;tre cr&#233;&#233;es parce que l'on refuse la voie &#233;quitable qui est celle du partage des gains de productivit&#233;. La forme de partage des richesses actuellement d&#233;fendue est d&#233;favorable aux salari&#233;s. Le transfert des richesses se fait vers d'autre utilisation que la masse salariale prise tr&#232;s globalement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Mais est-ce que ce transfert des profits vers les d&#233;tenteurs de capitaux n'&#233;tait pas une n&#233;cessit&#233; absolue &#224; une certaine p&#233;riode justifiant ainsi le choix qui a &#233;t&#233; fait ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; Il est important de suivre une variable cl&#233; de l'&#233;conomie qui est le taux de profit. En effet, au moment de la crise, la rentabilit&#233; baissait. Le partage de la valeur ajout&#233;e s'est alors transf&#233;r&#233; au b&#233;n&#233;fice du profit par le biais du passage au ch&#244;mage ou la baisse des salaires puisque c'est cela qui &#233;tait vis&#233;. Le pr&#233;texte de la lutte contre l'inflation, c'est-&#224;-dire d'une mont&#233;e trop rapide des prix, &#233;tait alors avanc&#233;. La principale explication &#233;conomique vient du th&#233;or&#232;me de Schmitt dont le contenu consiste &#224; dire que les profits d'aujourd'hui sont les investissements de demain et les emplois d'apr&#232;s-demain. Or les profits ayant maintenant &#233;t&#233; r&#233;tablis, on voit que le taux d'investissement ne monte pas. La proportion de la valeur ajout&#233;e qu'il y a dans l'investissement n'augmente pas. Les investissements attendus, devant cr&#233;er des emplois nouveaux notamment dans les nouvelles technologies, ne sont pas faits. Les salaires ont bien baiss&#233;s mais n'ont pas permis de faire monter l'investissement.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Pour synth&#233;tiser, on s'est bien aper&#231;u que le ch&#244;mage avait augment&#233;, que le profit &#233;galement. Mais les investissements qui devaient &#234;tre financ&#233;s gr&#226;ce &#224; la hausse des profits n'ont pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s. Que s'est-il pass&#233; alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; On constate effectivement que des profits n'ont pas &#233;t&#233; investis, et ces profits sont les revenus financiers. Et cela fait partie des caract&#233;ristiques des ann&#233;es 80 : la part des salaires dans la r&#233;partition des revenus a baiss&#233;, la part de l'investissement est rest&#233;e &#224; peu pr&#232;s &#233;gale, et seuls les revenus financiers ont mont&#233;. Ces profits sont distribu&#233;s aux d&#233;tenteurs d'actifs financiers. Le recyclage de ces actifs est assez peu dynamique. On observe alors une mont&#233;e des in&#233;galit&#233;s de revenus. Vous avez des salari&#233;s qui, quand tout va bien, maintiennent leur pouvoir d'achat. Et les d&#233;tenteurs de capitaux dont les revenus augmentent beaucoup plus rapidement au rythme de la croissance de la bourse et des distributions de dividendes.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Mais que sont les revenus financiers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; Ce sont principalement les dividendes, les plus values boursi&#232;re, les int&#233;r&#234;ts qui transitent le plus souvent par les banques et qui sont ensuite revers&#233;s aux particuliers. Et c'est, encore une fois, une partie du profit qui n'est pas investi. J'insiste car cela est fondamental notamment par rapport &#224; la l&#233;gitimit&#233; du profit qui lui est investi. C'est &#233;galement la cl&#233; d'une politique de r&#233;partition alternative. En mordant sur cette partie-l&#224;, on pourrait augmenter les salaires sans toucher ce qui doit normalement aller &#224; l'investissement, l'investissement devant toujours exister.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Est-ce les revenus financiers r&#233;investis dans l'achat d'actions en bourse ne favorisent pas les cr&#233;ations d'emplois ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; Ce point de vue s'apparente &#224; celui d&#233;crit par Malthus qui faisait une apologie des riches. Il disait que la consommation des riches permet de cr&#233;er des emplois pour les pauvres. Nous sommes un peu dans ce syst&#232;me, c'est-&#224;-dire que la consommation des riches tire la consommation des m&#233;nages. Mais il faut voir &#233;galement que, dans la consommation des m&#233;nages, la partie qui est li&#233;e au salaire dans le revenu des m&#233;nages progresse peu et baisse m&#234;me en fonction du revenu national. Et en m&#234;me temps, la consommation des m&#233;nages tire la croissance bon an mal an, croissance qui n'est pas formidable pour cette raison-l&#224;, mais continue d'augmenter quand m&#234;me. Le myst&#232;re qui consiste &#224; avoir 0 % de progression de pouvoir d'achat de la masse salariale et 2 &#224; 3 % de la consommation ne peut s'expliquer que par le fait qu'il y a une autre demande non salariale qui tire la consommation. C'est la fonction de ces in&#233;galit&#233;s de cr&#233;er une demande qui remplace la demande salariale d&#233;faillante. Mais malgr&#233; tout, cela cr&#233;e un rythme de croissance plus bas que ce qu'il y aurait avec une distribution de la demande salariale. On y reviendra d'ailleurs car c'est ce que l'on constate aujourd'hui. Il y a eu en effet un peu plus de croissance gr&#226;ce &#224; l'augmentation de la consommation des m&#233;nages, y compris dans la partie salariale.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Pour continuer alors sur cette voie, quelles en ont &#233;t&#233; les raisons de la progression de la croissance et de la diminution du ch&#244;mage. Est-ce que la logique s'est invers&#233;e, n'y avait-il plus la volont&#233; de faire des profits, de distribuer aux riches ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; Il y a eu un &#233;loignement de la politique n&#233;o-lib&#233;rale mise en application au niveau europ&#233;en dans le cadre du trait&#233; de Maastricht ou d'Amsterdam. On a tourn&#233; le dos, sans vraiment le vouloir, &#224; 2 ou 3 pr&#233;ceptes de base de ce dogme n&#233;o-lib&#233;ral.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;La premi&#232;re id&#233;e est &#224; prendre en compte dans le contexte de la sur&#233;valuation du dollar par rapport &#224; l'ensemble des monnaies europ&#233;ennes avant m&#234;me que l'euro ne se fasse. Cela a cr&#233;e une grande surprise lorsque l'on a constat&#233; la faiblesse de l'euro face au dollar. Il &#233;tait d&#232;s lors curieux de consid&#233;rer cela comme un drame puisque cela a donn&#233; un v&#233;ritable coup de fouet aux exportations de l'ensemble de l'Europe. C'est un peu l'explication du miracle Jospin. Son arriv&#233;e au pouvoir en juin 97 a co&#239;ncid&#233; avec la mont&#233;e du dollar de 15 % par rapport aux monnaies europ&#233;ennes, dopant ainsi les exportations europ&#233;ennes. L'abandon des dogmes consistant &#224; rechercher une monnaie forte a d&#233;gag&#233; des marges de croissance et donc d'emplois importants. &lt;br /&gt;
L'autre aspect, mis &#224; part la politique budg&#233;taire un peu moins rigide qu'elle ne l'&#233;tait auparavant, a &#233;t&#233; la cr&#233;ation d'emplois li&#233;s au passage aux 35 heures. Les formes n'&#233;taient pas parfaites, mais cela a commenc&#233; &#224; jouer sur la cr&#233;ation d'emplois. On constate alors que la part des salaires a cess&#233; de baisser dans la plupart des pays europ&#233;ens repr&#233;sentant une inflexion par rapport aux ann&#233;es 80. On voit &#233;galement une reprise de la consommation des m&#233;nages avec l'assurance d'un certain dynamisme. C'est dans des cas comme cela que l'indicateur de confiance des m&#233;nages est le meilleur et que la consommation augmente.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Pouvons nous aborder maintenant la question du plein emploi ? Serons-nous de ce pas all&#232;gre dans cette situation dans moins de 10 ans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; Cette question ne pouvait m&#234;me pas &#234;tre pos&#233;e il y a encore 3, 4 ans. Cela &#233;tait tout &#224; fait d&#233;consid&#233;r&#233;. Le climat a maintenant chang&#233; gr&#226;ce &#224; la reprise. Jospin l'a &#233;voqu&#233; &#224; l'horizon 2010. Mais cette orientation a &#233;t&#233; faite &#224; l'encontre des orientations r&#233;elles de politique &#233;conomique, le risque &#233;tant le retour des dogmes n&#233;o-lib&#233;raux en cas de retournement de conjoncture. Le risque est grand de voir la courbe du ch&#244;mage s'inverser &#224; nouveau.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Quels sont ces dogmes n&#233;o-lib&#233;raux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; Le premier est le co&#251;t du travail. En toile de fond, il y a l'id&#233;e que le ch&#244;mage est li&#233; au fait que le salaire est trop &#233;lev&#233; et d&#233;courage l'embauche. C'est un argument que l'on rencontre partout, qui est fabriqu&#233; par des institutions internationales comme l'OCDE et que l'on peut entendre encore aujourd'hui malgr&#233; le d&#233;mentis de ce qui s'est pass&#233; sous nos yeux. La logique de nos contradicteurs va maintenant consister &#224; faire croire, dans tous les d&#233;bats sur le taux de ch&#244;mage d'&#233;quilibre, que l'on avait fait la partie la plus facile, et que l'on ne peut plus r&#233;ellement cr&#233;er de nouveaux emplois sans baisser les charges, et notamment sur les bas-salaires et les emplois peu qualifi&#233;s.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pascale Fourier : Mais n'est-ce pas un bien si les charges sur les bas-salaires et les emplois peu qualifi&#233;s baissent ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Husson :&lt;/strong&gt; D'abord, on ne voit toujours pas venir les emplois par ce biais, et puis, cela mettrait une logique qui entra&#238;nerait alors un appauvrissement de la S&#233;curit&#233; Sociale et qui aurait des r&#233;percussions sur le syst&#232;me des retraites. Il y aurait un disfonctionnement sur le financement des retraites qui fonctionne sur le principe de r&#233;partition. En r&#233;duisant la base de ce syst&#232;me, une autre logique par capitalisation va vouloir &#234;tre cr&#233;&#233;e, comme des fonds de pensions, et cela justifierait que l'on ne distribue plus des salaires, mais des revenus financiers. Les risques sont grands, d'autant plus que la bourse n'augmente plus aujourd'hui. &lt;br /&gt;
Un autre danger concerne la r&#233;duction du temps de travail. En effet, la RTT a plus ou moins &#233;t&#233; impos&#233;e au gouvernement. Ce n'&#233;tait pas dans son programme initial. Il s'en est saisi au moment o&#249; il avait besoin d'avoir quelque chose dans son programme, mais il l'a appliqu&#233; en le vidant de son contenu. Et le risque va &#234;tre maintenant de vouloir limiter au maximum son extension aux petites entreprises de moins de 20 salari&#233;s, c'est en tout cas la volont&#233; du Medef et de Fabius. Le rapport Pisani-Ferry sur le plein-emploi dit explicitement qu'il faut limiter les frais de ce c&#244;t&#233;-l&#224;. On risque de revoir des politiques budg&#233;taires restrictives et des politiques salariales restrictives. Les conditions d'une croissance faible et du retour du ch&#244;mage risquent alors de revenir comme nous l'avons d&#233;j&#224; connu dans les 80 / 90. L'enjeu est tr&#232;s important. Mais il y a un &#233;l&#233;ment nouveau qui est les licenciements dans les entreprises qui font des profits. Les cas de Michelin, Danone, vont modifier les choses assez profond&#233;ment. Il y a l&#224; quelque chose d'ordre moral car aucune justification &#233;conomique ne tient pour expliquer qu'une entreprise qui se porte bien continue de licencier. Le rapport de forces un peu id&#233;ologique devrait &#234;tre un peu moins d&#233;favorable aux salari&#233;s. La vraie question est de refuser une certaine logique &#233;conomique, tout cela ayant des cons&#233;quences importantes sur l'emploi.&lt;/p&gt; &lt;h3 class=&quot;spip&quot;&gt; &lt;a name=&quot;L-emission-radiophonique-au-format-mp3&quot;&gt;&lt;/a&gt; L'&#233;mission radiophonique (au format mp3) &lt;script type=&quot;text/javascript&quot;&gt;&lt;!-- document.write(&quot;&lt;a href=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;#tdm\&quot; class=\&quot;tdm\&quot;&gt;&lt;img alt=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; title=\&quot;Retour &#224; la table des mati&#232;res\&quot; src=http://www.preavis.net/breche-numerique/\&quot;plugins/auto/table_matieres/images/tdm.png\&quot; style='max-width: 500px; max-height: 100000px' /&gt;&lt;/a&gt;&quot;); --&gt;&lt;/script&gt;
&lt;/h3&gt;
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&lt;dt&gt;&lt;a href=&quot;http://www.preavis.net/breche-numerique/IMG/mp3/003_16_08_01_Michel_Husson.mp3&quot; type=&quot;audio/mpeg&quot; title='MP3 - 5.5 Mo'&gt; &lt;img src='http://www.preavis.net/breche-numerique/local/cache-vignettes/L52xH52/mp3-a863e.png' width='52' height='52' alt='MP3 - 5.5 Mo' style='height:52px;width:52px;' /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/dt&gt; &lt;dt class='spip_doc_titre crayon document-titre-85 ' style='width:120px;'&gt;&lt;strong&gt;L'entretien int&#233;gral avec Michel Husson&lt;/strong&gt;&lt;/dt&gt;
&lt;dd class='spip_doc_descriptif crayon document-descriptif-85 ' style='width:120px;'&gt;Format mp3 - Dur&#233;e : 24'22'' - T&#233;l&#233;chargeable &lt;a href='http://www.preavis.net/breche-numerique/IMG/mp3/003_16_08_01_Michel_Husson.mp3' class='spip_out'&gt;ici&lt;/a&gt;
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		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;&#201;mission radiophonique &lt;a href='http://www.des-sous-et-des-hommes.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;Des Sous&#8230; et des Hommes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; parue le 16 Ao&#251;t 2001 sur &lt;a href='http://www.aligrefm.org/' class='spip_out' rel='external'&gt;&lt;i&gt;AligreFM&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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